// Par Thomas Henry //

Airbus, par la voix de son PDG Tom Enders, a annoncé le rachat de certaines activités de l’entreprise canadienne aéronautique Bombardier. Ce rachat permet à l’entreprise européenne d’élargir son panel de produits puisqu’il concerne la production CSeries de Bombardier (production d’avions moyen-courriers). Airbus augmente ainsi ses parts de marché sur cette branche aéronautique. Cependant, ce rachat n’est pas avantageux seulement pour Airbus car cette opération sauve le programme CSeries, programme qui connaissait des difficultés financières importantes et un carnet de commandes faible. Airbus, avec cette situation, acquiert 50,01% du capital de CSeries pour seulement un euro symbolique et devient donc l’actionnaire majoritaire. Toutefois, l’accord prévoit que l’entreprise devra à l’avenir acquérir encore 30% du capital et au prix du marché.

La situation financière de Bombardier est devenue encore plus inquiétante lorsque l’administration Trump a décidé d’établir une taxe antidumping de 300% sur leurs avions produits au Canada et vendus aux États-Unis. Cette taxe fait suite aux dénonciations du constructeur américain Boeing concernant les subventions reçues par Bombardier de la part de l’État canadien. Ces subventions auraient, selon Boeing, permis à Bombardier de proposer des appareils à un prix plus faible que la normale. Grâce au rachat d’Airbus, le programme CSeries contre la forte taxe opérée par l’administration Trump puisqu’Airbus dispose déjà d’une usine dans l’Alabama.

Cet accord pourrait, à première vue, créer des tensions entre les États-Unis et l’Europe, sachant le soutien fort de l’administration américaine envers Boeing. L’alliance représente un danger pour Boeing sur l’activité moyen-courrier puisqu’Airbus est renforcé dans ce domaine. Boeing a dénoncé cet accord en mettant en avant le fait que les deux entreprises concernées sont subventionnées par l’État. L’opération représente toutefois un gain pour l’Alabama grâce à un investissement de 700 millions de dollars. Ce gain économique pourrait permettre à Airbus d’éviter des poursuites pénales aux États-Unis suite aux affaires de corruption qui touchent l’entreprise actuellement. En faisant ce choix, Airbus espère un laxisme de la justice américaine et un risque plus faible d’amendes importantes qui perturberaient l’état financier de l’entreprise. Ainsi, l’apport économique sur le territoire américain compenserait les effets négatifs que Boeing pourrait connaître.

Sources :

http://www.liberation.fr/futurs/2017/10/17/airbus-met-la-main-sur-bombardier-et-file-un-coup-de-pied-a-boeing_1603877

http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2017/10/17/face-a-boeing-bombardier-s-allie-a-airbus-dans-les-avions-moyen-courrier_5201782_1656994.html

http://www.novethic.fr/gouvernance-dentreprise/corruption/isr-rse/les-affaires-de-corruption-pourraient-faire-chuter-airbus-144911.html

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