// Par Maxime Guennec //

Une inflation du prix du beurre

On constate depuis quelques mois une explosion du prix du beurre.  Cette tendance n’est pas nouvelle, avec une augmentation de 172 % en 20 mois du prix du beurre industriel : le prix du beurre industriel est passé de 2 500 euros la tonne en avril 2016 à 6 800 euros début septembre.  Si l’on peut remarquer des rayons vides depuis le début de la semaine, les principales victimes de cette hausse sont les industriels de l’agroalimentaire et les boulangers. En effet, la Fédération des Entreprises de Boulangerie a déclaré mardi la nécessité de devoir « augmenter leurs prix de vente » étant « la seule solution pour pérenniser la viabilité des entreprises ». Mis à part les viennoiseries du dimanche matin, l’augmentation va également se répercuter sur tous les produits alimentaires utilisant du beurre entre 7 à 10%.

Pourquoi la hausse des prix ?

La tension sur l’approvisionnement en beurre est sensible dans le monde entier, avec une envolée des cours :  la demande en beurre explose. « Cette situation découle d’une baisse de la collecte de lait sur la période d’été, conjuguée à une demande très forte de pays étrangers, ce qui a fait monter les prix » concède mardi matin Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture.  En effet, de mauvaises conditions météorologiques débouchant en début d’année sur des récoltes d’herbes moins importantes ont limité la collecte de lait. De plus, la vision du beurre a changé dans l’imaginaire du consommateur : si dans le passé, celui-ci a souvent été boudé par le consommateur il revient aujourd’hui sur le devant de la scène n’étant plus considéré comme mauvais pour la santé. « Le beurre, c’est 25% des achats en pâtisserie et il est hors de question de passer à la margarine » s’insurge un grand pâtissier parisien.

 Vraie pénurie ou psychose ?

Pour la Modef (la Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux) la pénurie est bien réelle. En effet, le syndicat accuse les industriels de l’organiser, aidés « par les traders en produits laitiers mettant à profit les quelques mois restants avant les prochaines négociations annuelles sur les prix, afin de réaliser un maximum de profits ».

Il s’agit bien évidemment d’une opinion extrême. Au contraire, les distributeurs ainsi que les autorités cherchent à rassurer l’opinion publique en affirmant que la situation est totalement sous contrôle afin d’éviter un phénomène de prophétie autoréalisatrice : Dessouches, porte-parole du Système-U explique que l’impression de pénurie s’explique également par un “début de psychose chez le consommateur”, comparable à celle des crises qui touchent les carburants. “Certains clients stockent jusqu’à quatre ou cinq plaquettes de beurre, pour les congeler » ce qui génère une surconsommation générant de facto la pénurie.

Pour conclure, le déficit de beurre est réel mais le comportement des consommateurs et leur anticipation bien plus que l’augmentation réelle ou non de la production sera déterminant quant au dénouement de la « crise » provoquant ou pas une véritable pénurie.

 

Pour décompresser, je vous recommande cette courte vidéo humoristique réalisée par What’s up France qui traite de la question.

https://www.youtube.com/watch?v=DeV-CbHn97U&feature=youtu.be

 

BIBLIOGRAPHIE :

AFP, une pénurie de beurre fait flamber le prix des viennoiseries, le 06/09/2017 publié sur Le Point : http://www.lepoint.fr/economie/une-penurie-de-beurre-fait-flamber-le-prix-des-viennoiseries-06-09-2017-2154890_28.php

AFP, un début de pénurie dû à des tensions provisoires, le 24/10/2017 publié sur abc bourse : https://www.abcbourse.com/marches/beurre-un-debut-de-penurie-du-a-des-tensions-provisoires_414794_PX1p.aspx

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