//Par Thomas Henry//

À partir de l’été 2014, le cours du pétrole, qui oscillait aux alentours de 110$ le baril, a connu une chute importante, atteignant même 27$ en janvier 2016. Cette chute brutale a différentes explications. Tout d’abord, à cette époque la demande mondiale était marquée par une stagnation du fait notamment du ralentissement économique chinois, ce qui pousse les prix du pétrole vers le bas. De plus, l’offre a augmenté avec l’arrivée importante du pétrole de schiste américain, qui concurrence alors l’OPEP et donc l’Arabie Saoudite. Malgré la hausse de l’offre, l’OPEP, poussée par l’Arabie Saoudite, refuse de baisser sa production et donc le cours chute du fait de la loi de l’offre et la demande. Avec ce refus, un des objectifs est de reprendre des parts du marché face au pétrole américain en rendant ce dernier non rentable (puisque le pétrole de schiste a des coûts plus élevés d’extraction). La menace du retour de l’Iran (pays en rivalité avec l’Arabie Saoudite) sur le marché est considérée par certains comme une autre explication de cette politique.

Depuis janvier 2016, le cours du pétrole a augmenté, en oscillant pendant longtemps autour de 45-55$, pour aujourd’hui atteindre 60$ (pour le pétrole Brent), le niveau le plus haut depuis 2015. Sur le seul mois d’octobre 2017, le cours a augmenté de presque 8%. Cette augmentation fait suite à l’accord signé entre les pays de l’OPEP et 10 autres pays producteurs (dont la Russie) en janvier 2017 pour limiter la production pétrolière. Cependant, cette hausse fut trop tardive pour des pays pétroliers comme le Venezuela (dont les 3/4 de l’économie dépendent du pétrole) qui ont connu une inflation immense et de graves difficultés économiques depuis 2014.

La Banque Mondiale prévoit toutefois une faible hausse en 2018, aux alentours de 4%, ce qui laisse penser que le baril ne retrouvera pas ses cours historiques d’avant 2014. Cependant, le prince saoudien Mohammed Ben Salmane a récemment déclaré vouloir reconduire l’accord décidé l’année dernière sur la baisse de production. Ainsi, cela pourrait laisser espérer à une hausse du cours pétrolier. De plus, plusieurs analystes montrent que l’intérêt de poursuivre l’accord est fort puisque même l’Arabie Saoudite souffre d’une forte diminution de ses réserves de changes à cause du bas cours. Cette tendance boursière pourrait aussi être maintenue du fait des grandes tensions et incertitudes dans certains pays producteurs : la crise sociale au Venezuela et les dangers en Libye, au Nigéria ou en Irak pourraient perturber la production de ces pays et donc augmenter le prix du baril. En outre, la croissance mondiale de 3,7% prévue par le FMI pourrait donc augmenter la demande pétrolière et donc les prix.

Par conséquent, le cours du pétrole actuellement en hausse sera dépendant dans les prochains mois de l’évolution de l’accord de l’OPEP et des situations géopolitiques dans le monde. Toutefois, face aux intérêts importants des pays producteurs, le prix du baril risque d’augmenter progressivement.

 

Sources :

http://www.boursorama.com/actualites/petrole-vers-un-reveil-des-cours-en-2018-0635fc21b3bf80ac444bc266897b7e7a

http://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2017/10/26/commodity-prices-likely-to-rise-further-in-2018-world-bank

http://www.boursier.com/matieres-premieres/actualites/news/le-baril-de-petrole-au-plus-haut-depuis-la-mi-2015-746237.html?headline1

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