//Par Ariane Lalau//

Vous avez certainement entendu parler des bousculades qui ont suivi les super promotions sur le Nutella du 25 janvier 2018 : Intermarché a mis en vente le Nutella avec 70% de rabais soit à 1,41 euros contrairement aux 4,70 euros habituels. Tout cela est bien loin des 25% autorisés par Ferrero. A la suite de cet incident, le 31 janvier, le Conseil des ministres se réunit pour présenter un projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales entre le secteur agricole et alimentaire. En effet, il s’agit d’un sujet de préoccupation ne concernant pas uniquement Intermarché. Cet événement s’inscrit dans un contexte de concurrence acharnée et de guerre des prix entre les grands distributeurs.

Voici les grandes lignes des stratégies de ces géants de la grande distribution française qui cherchent tous sans exception à gagner en visibilité mais aussi à affirmer leurs parts de marchés quitte à prendre en otage des produits à forte visibilité.

Intermarché

Le président d’Intermarché, Thierry Cotillard, exprime clairement que « ces excès doivent être lus comme révélateurs d’une vraie attente des consommateurs en termes de pouvoir d’achat ». Ainsi il promet d’autres fortes promotions jusqu’à ce que le projet de loi soit voté et cela malgré l’invitation du ministre de l’Economie Bruno Le Maire à ne plus faire ce genre de promotion. Doit-on alors s’attendre à de nouvelles promotions chocs comme celles sur le Nutella et les couches Pampers ? Des prix plus compétitifs sont un moyen pour devenir le numéro un du marché cependant cela s’accompagne d’autres mesures : un plan social est à l’œuvre, en octobre dernier, un comité s’est réuni pour présenter un plan de transformation logistique d’optimisation des approvisionnements et des flux alimentaires.

Leclerc

Les prix bas sont aussi clairement une priorité pour Leclerc qui a mis en place le site « quiestlemoinscher.com »pour comparer les prix de la grande distribution au niveau national comme local. Il y a, toujours dans cette même optique, une surenchère qui se fait au niveau de la négociation du prix des produits grâce à sa centrale d’achat de Bruxelles qui collabore avec son partenaire allemand Rewe. Pour la Direction générale de la concurrence, Leclerc délocalise sa capacité de négociation à l’étranger pour éviter l’application de la loi française.

Carrefour

Carrefour, quant à lui, garantit les prix les plus bas sur 500 produits de marque. Si un consommateur trouve moins cher ailleurs alors il lui sera remboursé deux fois la différence. De plus, son PDG, Alexandre Bompard, réaffirme que la « compétitivité prix est un impératif ». Le groupe est au milieu d’un plan de transformation qui comprend des suppressions d’emplois, des cessions de magasins et d’importants investissements dans le e-commerce. Lorsque Carrefour révèle son plan stratégique, il annonce aussi son partenariat avec Tencent et Yonghui.

Système U

Une structure nationale U enseigne est créée en juillet 2017 pour mettre un terme à l’organisation des 4 centrales régionales historiques. Un nouveau système de fidélité est aussi mis en place.

Ainsi les distributeurs mettent en place divers plans d’actions pour essayer d’atteindre la première marche du podium. Ce n’est certainement pas le tout nouveau projet de loi du Conseil des ministres qui va les empêcher de faire des dégâts. En effet aucun projet de loi ne leur enlèvera leur pouvoir de négociation. C’est la compensation de la limitation des promotions  par une politique de prix les plus bas tous les jours qui est à craindre car cela entraînerait une négociation encore plus dure que celle qu’ils font déjà avec les produits qu’ils vendent.

 

Sources :

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