//Par Thomas Henry//

Ce vendredi 16 février, jour du Nouvel An Chinois, a été signe de mauvaise nouvelle pour des investisseurs chinois. La Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain, a mis fin aux espérances du groupe d’investisseurs chinois Chongqing Casin Enterprise concernant le rachat de la Bourse de Chicago spécialisée dans les matières premières, le Chicago Stock Exchange. La SEC a refusé cette opération, après plus de deux ans d’âpres négociations entre les parties. Ce dossier brûlant était déjà mis à mal depuis six mois par la Maison-Blanche. Déjà auparavant, l’actuel président Donald Trump, lors de sa campagne électorale, avait accusé la Chine d’être responsable des difficultés économiques du pays. Il faut rappeler que l’actuel président de la SEC a été nommé par Donald Trump, et par conséquent, la décision serait éventuellement une décision influencée par l’administration Trump.

Cette affaire avait créé débat dans le monde politique américain en juillet dernier avec une protestation de divers parlementaires américains. Ces parlementaires, républicains et démocrates, avaient interpellé la SEC pour interdire ce rachat, malgré le fait que la Bourse de Chicago ne représente que 0,5% des échanges d’actions aux Etats-Unis. Ils dénonçaient l’opacité chinoise et le non-respect des accords internationaux. Le choix de cette Bourse par la Chine pourrait représenter un intérêt stratégique puisque la Chine est un des principaux pays importateurs de matières premières. La Chine ne voudrait-elle pas essayer de contrôler des fluctuations qui pouvaient être défavorables et pour lesquelles la Chine était impuissante ?

Cette tentative de rachat de places boursières n’est pas nouvelle et certaines tentatives ont même abouti. En 2017, l’Irish Stock Exchange, la bourse irlandaise, a été rachetée par Euronext (l’opérateur de la Bourse de Paris, Lisbonne, Bruxelles et Amsterdam) pour la somme de 137 millions d’euros. Le rachat avait aussi un intérêt stratégique puisque cette opération permet de profiter des opportunités du Brexit. En outre, en 2007, la société allemande Deutsche Boerse avait acquis l’International Securities Exchange, avant de le revendre en 2016 au Nasdaq.

Le refus de cession du Chicago Stock Exchange marque le prolongement des tensions entre les Etats-Unis et la Chine. Ces tensions, malgré leur dépendance économique réciproque, restent dans la lignée de l’idéologie Trump qui dénonce un protectionnisme et des pratiques commerciales injustes de la part de la Chine. Ces paroles et les agissements de Donald Trump (comme l’appel avec la présidente de Taïwan) ont dégradé les relations déjà conflictuelles entre les deux puissances, frôlant parfois la crise diplomatique.

 

Sources :

Rauline, N. (2018, February 16). La Bourse de Chicago ne passera pas sous pavillon chinois. Retrieved from https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0301307369117-la-bourse-de-chicago-ne-passera-pas-sous-pavillon-chinois-2154405.php#formulaire_enrichi::bouton_google_inscription_article

Cuny, D. (2017, July 10). USA : des parlementaires refusent la vente d’une Bourse de Chicago à des Chinois. Retrieved from http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/07/10/97002-20170710FILWWW00367-usa-des-parlementaires-refusent-la-vente-d-une-bourse-de-chicago-a-des-chinois.php

Cuny, D. (2017, July 10). USA : des parlementaires refusent la vente d’une Bourse de Chicago à des Chinois. Retrieved from http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/07/10/97002-20170710FILWWW00367-usa-des-parlementaires-refusent-la-vente-d-une-bourse-de-chicago-a-des-chinois.php

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