//Par Thomas Henry//

Suite à l’annonce récente de Donald Trump sur la taxation de l’aluminium et de l’acier, une incertitude plane sur l’économie mondiale. Le président américain souhaite taxer les importations d’acier de 25% et de 10% concernant l’aluminium. Face à cette annonce protectionniste, Gary Cohn, un de ses conseillers économiques (partisan du libre-échange), a décidé de démissionner de son poste. Cette mesure reste dans la lignée protectionniste, clairement affichée par l’administration Trump depuis sa campagne. L’America First est au coeur de ses politiques et crée de vives tensions commerciales au niveau mondial. Cependant, ce choix ne fait pas l’unanimité, même dans son propre parti, l’opposition républicaine étant parfois virulente. Les réactions sont aussi fortes dans les entreprises américaines concernées de près ou de loin par l’aluminium ou l’acier. C’est le cas des constructeurs automobiles qui s’inquiètent des conséquences négatives de ces mesures sur leurs ventes.

L’Union Européenne, ne souhaitant pas restés les bras croisés face à ce protectionnisme, a annoncé d’éventuelles mesures de rétorsion. Chaque année, les pays membres exportent vers les Etats-Unis 5 milliards d’euros d’acier et 1 milliard d’euro d’aluminium. Face aux possibles répercussions économiques, la Commission Européenne établit actuellement une liste de produits américains susceptibles d’être taxés en cas d’application de la mesure américaine. Des produits importés comme les jeans, le beurre de cacahuète, les Harley Davidson ou encore le bourbon seraient taxés en retour. L’Union Européenne vise volontairement ces biens puisqu’ils sont majoritairement produits dans des territoires à dominance républicaine. Au niveau mondial, les réactions sont similaires et divers pays (Mexique, Canada, Chine) ou institutions (Banque Centrale australienne, FMI) déplorent le choix de Donald Trump. Au niveau boursier, ces péripéties ont créé une inquiétude et les principaux indices ont connu un repli du cours.

Les risques d’une guerre économique sont importants et aucun des camps ne ressortirait sans dégâts au niveau économique. Dans le passé, ce type de situation s’est soldé par une grande crise, crise que nombreux souhaiteraient oublier. Ce fut le cas en 1929, lorsque les Etats-Unis mirent en place un protectionnisme à outrance qui généra une guerre économique et « la Grande Dépression ». Toutefois, la position de Donald Trump a légèrement évolué ce jeudi. Il a annoncé que des exceptions pourront être mises en place pour les « vrais amis » des Etats-Unis comme par exemple le Mexique ou le Canada. Reste à savoir si les pressions européennes vont faire de l’Union Européenne un « vrai ami » aux yeux du président américain.

 

Sources :

Le Figaro. (2018, March 7). Taxe sur lacier : Donald Trump tient bon, les Bourses sinquiètent. Retrieved from http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/03/06/20002-20180306ARTFIG00038-taxe-sur-l-acier-malgre-la-pression-trump-tient-bon.php

L’express. (2018, March 8). Donald Trump adoucit sa position sur l’acier et l’aluminium. Retrieved from https://lexpansion.lexpress.fr/actualites/1/actualite-economique/donald-trump-adoucit-sa-position-sur-l-acier-et-l-aluminium_1990822.html

Quatremer, J. (2018, March 7). Taxe sur lacier : lUE prête à croiser le fer avec Trump. Retrieved from http://www.liberation.fr/planete/2018/03/07/taxe-sur-l-acier-l-ue-prete-a-croiser-le-fer-avec-trump_1634552

Ducourtieux, C. C. A. (2018, March 8). LUE prête à riposter à la décision américaine sur lacier et laluminium. Retrieved from http://www.lemonde.fr/economie/article/2018/03/07/commerce-veillee-d-armes-en-europe-avant-la-decision-de-donald-trump_5267246_3234.html

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