//Par Ariane Lalau//

Les terres rares sont un groupe de métaux tels que le Dysprosium ou encore le Thulium. Ce sont à l’heure actuelle des métaux considérés comme stratégiques aussi bien pour l’armement que pour les énergies renouvelables. Elles nous permettent de produire la plupart des fabrications de haute technologie qui nous entourent : lasers, écrans d’ordinateur portable, batteries de voitures électriques et hybrides… Les besoins en terres rares devraient ainsi fortement augmenter dans les prochaines années. D’après le Bureau des recherches géologiques et minières, le progrès continu des nouvelles technologies va générer une hausse annuelle constante de 4% de la demande globale en terres rares jusqu’en 2020. Il se pose ainsi la question de l’approvisionnement.

C’est la Chine qui assure aujourd’hui la majorité de la production mondiale, au point que Pékin détient un quasi-monopole. La Chine représente en effet presque 90% des exportations mondiales de terres rares. Le programme 863 en Chine qui a pour objectif de stimuler le développement des nouvelles technologies va dans le sens d’une extraction de ces métaux sur le long cours. Ces ressources sont dès lors une arme économique.

La Chine suit les stratégies suivantes :

  • le court-circuit des autres producteurs en les vendant à des prix très bas tout en profitant de l’apport des capitaux étrangers
  • une remontée de filière
  • la mise en place de quotas et taxes sur exportations de ces terres rares, ce qui permettra de préserver ressources sur le long terme, faire monter les prix et limiter pollution de l’exploitation.

Néanmoins il s’agit aussi d’une arme géopolitique. En 2010, un chalutier chinois est arrêté par les autorités japonaises. Sa libération est demandée et Pékin va encore plus loin lorsqu’elle demande à ses entreprises publiques d’interrompre l’approvisionnement destiné au Japon. Ce dernier finit par céder pour éviter que ses entreprises n’en souffrent trop. A partir de ce moment,  les différents acteurs de ce marché essayent de limiter cette dépendance en restructurant ce marché.

C’est alors qu’un événement inattendu est intervenu : ce qu’on estime être la plus grande réserve de terres rares à ce jour vient juste d’être découverte au Japon. La donne changerait alors clairement en ce qui concerne cette dépendance chinoise. Le Japon inverserait la tendance et aurait la main aussi bien d’un point de vue économique que géopolitique.

De nombreuses opportunités s’offrent au Japon grâce à cette découverte. L’année dernière déjà un certain nombre de hedgefunds, Pala Investments et Shanghai Chaos entre autres, ont parié sur un boom de la voiture électrique plus rapide que prévu. Ils s’emparent de 17% des stocks de cobalt, le cobalt permettant de fabriquer les batteries des voitures électriques. La capitalisation des groupes de ce secteur ne fait par ailleurs qu’augmenter. En 2017, le constructeur de voitures électriques américain Tesla occupe le premier rang des constructeurs automobiles sur les marchés en termes de capitalisation boursière, surpassant la valeur du géant General Motors. Dans ce contexte, la voiture électrique est au centre de nombreux projets notamment nippons pour des constructeurs automobiles tels que Honda, Mazda et Mitsubishi. Ces projets seraient alors beaucoup plus sécurisés avec un approvisionnement en terres rares japonais.

Sources :

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