//Par Matthieu Poisson//

 

Les industriels de la charcuterie nous auraient-ils pris pour des jambons ?

Le Monde a récemment dévoilé ce qui pourrait être un cartel autour du secteur de la charcuterie, à savoir une entente sur les prix entre de multiples acteurs du secteur. L’enquête, dont l’Autorité de la concurrence est chargée devra déterminer s’il y a une fixation commune des prix ou non entre 2011 et 2013 entre de nombreux industriels comme Fleury Michon, l’ex-Financière Turenne Lafayette, Nestlé, Les Salaisons celtiques ou encore Campofrio Food (Aoste).

L’autre point clé de l’affaire est l’entente supposée sur les prix : elle se serait faite en amont, via les entreprises fournissant les matières premières, le jambon ne serait donc pas le seul concerné et cela a pu avoir un impact sur les prix des saucissons etc… selon Le Monde.

Les manipulations se seraient faites « A la fois à la baisse, sur les variations de la cotation du jambon auprès des abatteurs, et à la hausse, sur les prix pratiqués à l’égard de leurs clients de la grande distribution, cette deuxième pratique s’étendant à l’ensemble des produits de charcuterie », selon un arrêt rendu par la cour d’appel de Paris sur l’affaire. Il reste donc à déterminer à quel degré le consommateur a été lésé par la présumée « augmentation généralisée » des prix dans le secteur de la charcuterie.

 

Un phénomène loin d’être isolé

Le secteur alimentaire français est largement touché par les cartels, en particulier dans le milieu alimentaire. L’Autorité de la concurrence a entamé de nombreuses procédures au cours de la décennie concernant  « les abatteurs de porcs et la pomme de terre, en 2013, sur les fabricants de produits laitiers, en 2015, sur les meuniers, les compotes ainsi que sur les volaillers la même année » selon Le Figaro.  L’enquête la plus récente concerne les sandwichs de grande distribution en 2016…

 

« En économie de marché, les cartels sont considérés comme la pratique la plus grave », Emmanuel Combe

Les prix, dans ce cas-ci pour le jambon, auraient dû être fixés de manière indépendante par chaque producteur. Il ne peut y avoir d’ententes entre différents producteurs sur des prix généralement plus élevés qu’ils devraient l’être car in fine ce sont des millions de consommateurs qui sont lésés. C’est leur pouvoir de négociation qui est remis en cause et c’est une grave entorse aux principes de l’économie de marché car la concurrence ne fait plus effet sur les prix, encore une fois au détriment du consommateur qui ne profite ni de la concurrence entre les différents fournisseurs ni de possibles innovations dans le secteur.

 

Sources :

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