// Par Camille Pierre //

Jamais auparavant l’investissement écologique n’avait autant intéressé le monde financier

Selon une récente enquête menée par HSBC, 74% des investisseurs en Europe tiennent désormais compte des scores ESG des entreprises dans leurs prises de décision. Mais qu’est-ce que tout cela signifie ? Tout d’abord, les scores ESG (ou critères ESG) représentent les critères (non financiers) « Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance » pris en compte dans la gestion socialement responsable. Ils évaluent la responsabilité environnementale et sociétale des entreprises. Les « green bonds », quant à eux, sont emblématiques de la finance dite « durable » : ce sont des obligations vertes. Ils fonctionnent selon le principe suivant : une entreprise émet une obligation sur les marchés financiers afin de financer un projet à bénéfice environnemental et durable. Ces produits sont en pleine croissance actuellement et attirent les investisseurs qui souhaitent combiner rendement financier et impact environnemental positif. Les entreprises comprennent de plus en plus la nécessité de prendre en compte le risque de transition énergétique, et les investisseurs ont déjà compris qu’ils ne doivent plus investir dans des sociétés qui n’ont aucune vision sur les risques climatiques.

Une croissance exponentielle des investissements verts

Dans le monde entier, toujours selon le sondage HSBC, 53% des entreprises ont déjà adopté une stratégie visant à limiter leur impact environnemental. C’est en Asie que ce taux a progressé le plus rapidement (de 18%), mais c’est en Europe que cette problématique environnementale est la mieux intégrée : 84.4% des grandes sociétés en tiennent compte. De plus, 60% des groupes sondés (80% en Europe, 68% aux USA, 53% en Asie et seulement 32% au Moyen-Orient) projettent d’investir pour des activités durables et déclarent améliorer la communication au sein de leurs entreprises en matière de risques liés au réchauffement climatique. D’ailleurs, la France montre l’exemple, car elle est le premier pays émetteur en Europe de green bonds, et le troisième (13%) derrière la Chine (17%) et les Etats-Unis (14%) à l’échelle mondiale. Les chiffres ne trompent pas : le marché mondial des green bonds a atteint 82 milliards de dollars en 2016, et devrait atteindre 130 milliards en 2017 ! Les green bonds ne représentent certes que 1.5% du marché obligataire global, mais la croissance de ce marché a doublé tous les ans depuis 2013. Désormais, ces dettes vertes se contractent à un prix équivalent aux obligations classiques, car la demande des investisseurs est supérieure à l’offre.

Pourquoi une telle croissance ?

Bien sûr, il y a une prise de conscience collective de la question environnementale et parfois, des convictions écologiques réelles au sein des entreprises. Or, l’économie, et en particulier la finance, est plus lucide que morale. Il y a donc plusieurs raisons qui poussent les entreprises à investir dans le « vert » : tout d’abord, leur projet sera valorisé sur les marchés financiers. De plus, si elles décident d’ignorer ce tournant écologique, les investisseurs risquent de faire pression sur ces entreprises, puis de les déserter. Enfin, la perspective d’allègements fiscaux motive les dernières sociétés sceptiques à faire ce pas écologique. Toutefois, l’absence de « standards », pourtant réclamés par tous, y compris par les agences de notation comme Moody’s, ralentit cette croissance. En effet, normaliser la manière dont les entreprises doivent agir est capital pour les investisseurs de long terme. Cela doit leur permettre de mieux allouer leurs fonds en fonction du risque. N’en déplaise à Donald Trump, les répercussions de la COP21 de Paris se font de plus en plus sentir dans le monde financier : ce secteur a un rôle crucial à jouer dans le développement durable.

Sources :

Source image : https://solidaridadlatina.com/wp-content/uploads/2017/07/Crowdfunding-1-845×606.jpg

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