//Thomas Bernard//

Enfin une bonne nouvelle en ces temps d’incertitudes économiques ! L’autorité bancaire européenne (ABE) a annoncé que les banques du vieux continent ont presque toutes bien résister aux stress tests. Une bonne nouvelle à l’heure où de plus en plus d’économistes et de personnalités politiques prédisent une crise économique d’ici les prochaines années : Christine Lagarde a elle-même insisté sur les dangers d’un endettement actuel beaucoup trop élevé. Mais que sont ces « stress test », et que valent-ils réellement ?

Les stress test -ou tests de résistance aux chocs financiers-  ont pour but d’analyser les ratios de fonds propres durs des banques. En faisant cela, l’autorité bancaire européenne espère révéler la résistance potentielle des banques systémiques (les plus grosses banques) en cas de récession. En effet, si les politiques monétaires non conventionnelles de rattrapage ont permis -pendant la crise des subprimes- de sauver le secteur bancaire, les utiliser à nouveau serait impossible, il convient donc de faire en sorte de ne pas avoir à sauver le secteur bancaire. Ne testant que les 33 plus grosses banques de la zone euro, directement supervisées par la banque centrale européenne (BCE) du fait de l’importance de leurs actifs (70% des actifs de la zone euro), les résultats sont, selon Danièle Nouy, le président du conseil de supervision de la BCE, excellents. En effet, si le ratio minimum exigé dans une optique de scénario économique catastrophique est de 5.5%, la moyenne des banques européennes se situerait actuellement aux alentours de 9.9%. Ainsi, selon les résultats de ce test, un choc économique important ne mettrait pas du tout à mal le système bancaire européen.

Et les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là. Si les banques grecques ont été mises sous tutelle économique et sous supervision directe de la BCE, leur résistance potentielle face à une nouvelle crise économique semble toujours plus s’améliorer. L’Italie et l’Espagne surprennent également par leurs bons résultats à ce test, montrant une consolidation de leur bilan.

Néanmoins, il reste tout de même important de rappeler que même si ces résultats positifs ont de quoi réjouirent les autorités européennes, la bonne moyenne des ratios de fonds propres de ces banques est en partie due aux banques scandinaves et aux banques françaises (exception faite de la Société Générale qui affiche une légère fragilité). En effet, si certaines banques comme Barclays affichaient un ratio de fonds propres de 6.37% seulement en cas de scénario « noir », la banque scandinave NRW Bank, elle, se situerait aux alentours de 33.96%.

Enfin, il est nécessaire de rappeler que même si ce stress test montre des résultats globalement positifs, certaines banques européennes semblent très fragiles (Barclays, Lloyds Banking Group, Banco BPM, NordLB). Ce sont donc les résultats du stress test qui sont remis en cause par de nombreux acteurs économiques, mais également le test en lui-même, qui est accusé de ne pas être honnête. L’exemple de la Deutsche Bank est révélateur : si le test montre une banque en grande santé financière, prête à affronter une nouvelle crise, la réalité serait tout autre, avec une banque germanique plus fragilisée que jamais.

 

Sources :

https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0600077317562-les-stress-tests-europeens-pointent-la-fragilite-des-banques-britanniques-2218646.php

https://www.boursier.com/actions/actualites/economie/succes-des-banques-europeennes-aux-stress-tests-40069.html

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/stress-tests-les-banques-europeennes-encaissent-le-choc-796226.html

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