// Par Matthieu Poisson //

 

Après avoir conquis l’Uruguay puis en octobre 2018 le Canada, le cannabis n’en finit plus d’alimenter les débats concernant sa légalisation, sa dépénalisation ou ses risques. Plus intéressant encore, le cannabis tend à devenir un or vert par les intérêts qu’il suscite notamment de la part des majors.

 

La lente légalisation du cannabis

Depuis déjà 2013 le cannabis a été légalisé en Uruguay. Afin de justifier cette légalisation le gouvernement s’appuie sur la potentielle réduction de part de marché au marché illégal pour réduire les revenus des organisations criminelles. A cela s’ajoute aussi un meilleur contrôle de la production et de la vente. Un seul et même objectif est poursuivi : réglementer. « Réglementer, c’est être responsable », qui vise, dans le cadre de la loi, à informer le public sur « les risques, les effets et les potentiels dommages (pour la santé) de la consommation de cannabis », campagne du gouvernement actuel de Tabaré Vazquez.

 

Le Canada pour entamer une légalisation massive ?

En tant que membre du G20, la légalisation du cannabis est très commentée et a eu l’effet d’un électrochoc dans bon nombre des pays du G20, nourrissant les revendications des défenseurs d’une potentielle légalisation. Conséquence ou non, l’amende forfaitaire pour consommation de cannabis devrait diminuer en France mais pas de dépénalisation pour le moment.

Le Canada veut lui aussi diminuer la part du marché noir avec la légalisation : Bill Blair, ministre canadien chargé de la réduction du crime organisé, table sur une réduction de 25% du marché noir d’ici fin 2018 et de 50% d’ici un an. L’éradication pourrait quant à elle prendre au minimum 4 ans.

 

Un secteur porteur

En plus d’être fêtée dans les rues, la légalisation du cannabis au Canada a été célébrée à la Bourse de Toronto, où des milliards de dollars ont été investis dans cette nouvelle industrie. Le leader du marché, Canopy Growth, a par exemple, gagné 448 % en un an et valait mi-octobre 13,88 milliards de dollars.

En ce qui concerne les investissements venus des majors, c’est Altria Group (Marlboro…), premier cigarettier mondial qui a ouvert le bal en prenant une participation de 45% dans Cronos (soit un investissement de 1,8 milliard de dollars), producteur canadien de cannabis. Altria pourrait à l’avenir prendre une part majoritaire chez Cronos grâce à une option lui permettant d’acquérir 4 sièges sur 7 au Conseil d’administration de Cronos.

Cet investissement devrait permettre à Altria de s’implanter au sein « d’un secteur émergent au niveau mondial », qui « devrait connaître une croissance rapide au cours de la prochaine décennie » selon Howard Willard, patron du groupe Altria. Ces investissements viennent contrecarrer la perte de vitesse du secteur du tabac causée par l’offensive des autorités de santé et aux mises en garde contre le risque de cancer lié à la cigarette selon Les Echos.

Ce secteur, potentiellement très porteur est à suivre de près si d’autres pays venaient à imiter l’Uruguay et le Canada.

 

 

 

Sources :

https://www.infrontanalytics.com/fe-FR/35558NC/Canopy-Growth-Corp-/gprv-croissance

-https://www.sudouest.fr/2018/09/19/legalisation-du-cannabis-ou-en-est-on-dans-le-monde-5404760-4696.php

-https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/10/17/le-canada-devient-le-plus-grand-marche-de-vente-de-cannabis-recreatif_5370476_3222.html

-https://www.lepoint.fr/monde/en-uruguay-la-legislation-sur-le-cannabis-fait-chemin-pas-a-pas-16-10-2018-2263235_24.php

-https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/0600301659941-tabac-marlboro-investit-18-milliard-de-dollars-dans-le-cannabis-2228355.php

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *