// Par Thomas Bernard //

 

46,2%. C’est en 2017 la part des prélèvements sociaux dans le PIB français. Un nouveau record donc, qui place l’hexagone à la première place du classement de l’OCDE sur la pression fiscale.

Et ce, pour la première fois devant le Danemark !

A titre de comparaison, la pression fiscale moyenne pour les pays de l’OCDE est de 34,2% du PIB, là où des pays comme l’Allemagne se situent à 37,5%, et les Etats-Unis à environ 27,1%.

Mais qu’est-ce que cela signifie réellement ?

Si en 2016 le produit intérieur brut de la France était de 2289 milliards d’euros environ, l’Etat français aurait perçu plus de 1013 milliards d’euros de recettes fiscales. Un record absolu. Mais, en soit, une pression fiscale aussi élevée est-elle si grave ?

En réalité, ce n’est pas le taux de prélèvements obligatoires en lui-même qui fait débat, mais bel et bien son acceptation.

En effet, il y a un phénomène économique lié à l’imposition qui s’appelle le « consentement à l’impôt ».

Tant que les citoyens d’une nation considèrent que leurs impôts servent une cause juste et sont utilisés d’une manière efficiente, payer des impôts reste pour eux acceptable. C’est dans cette mesure qu’au Danemark, 2ème pays avec le plus de pression fiscale au monde derrière la France, le consentement à l’impôt est très élevé : plus de 70% des Danois estiment la pression fiscale de leur pays juste.

En revanche, en France, les données s’inversent. D’après une enquête de l’Express effectuée en 2014, 74% des français estiment payer trop d’impôts.

Les manifestations des gilets jaunes semblent donc être un signal d’alerte au gouvernement quant à un ras le bol fiscal : en France, l’impôt n’est plus perçu comme juste.

Deux solutions antinomiques semblent alors se profiler pour redonner de la légitimité au gouvernement :

La première, qui consiste à diminuer drastiquement la dépense publique sur l’exemple des réformes réalisées par Ronald Reagan et Margaret Thatcher dans les années 1980. Mais, en contrepartie, il y aurait évidemment une forte baisse de la qualité des services publics, faute de moyens, et l’on pourrait donc s’attendre à une hausse des inégalités.

La deuxième, vise plus à s’inspirer des modèles sociaux scandinaves. Pas de diminution de l’imposition, mais une rationalisation complète du système public. Le but étant d’être plus efficace, de pouvoir avoir plus en dépensant autant mais mieux.

Si ces deux modèles semblent aux antipodes, la conclusion, elle, reste la même :

Il faut réinventer le modèle public français pour rompre avec un modèle onéreux mais peu efficace.

 

Sources :

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/0600283144097-la-france-championne-du-monde-de-la-pression-fiscale-2227456.php

http://www.leparisien.fr/economie/fiscalite-la-france-championne-des-prelevements-fiscaux-au-sein-de-l-ocde-06-12-2018-7961937.php

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