// Par Norman Lucas //

 

Les annonces du président de la République pour répondre aux revendications des « Gilets Jaunes » vont représenter près de 11 milliards d’euros de recettes fiscales en moins. Cette chute de recette fiscale devrait entrainer une hausse du déficit français qui devrait être de 3,6% du PIB pour 2019 alors que le gouvernement prévoyait un déficit à la hauteur de 2,8% pour l’année prochaine.

 

Cette hausse inattendue du déficit publique intervient à un moment où la France doit emprunter des montants records de dette en 2019  : l’Agence France Trésor a annoncé un programme net des rachats de 195 milliards d’euros.

 

Ces annonces ont eu pour effet d’augmenter le « spread », l’écart de taux à 10 ans entre la France et l’Allemagne, s’est tendu jusqu’à 48 points de base dans la matinée, soit 3 points de plus que lundi. Le spread est un mot utilisé en finance qui désigne de manière générale, l’écart ou le différentiel entre deux taux ou indices de point. Ce spread à 48 points, signifie que la France doit payer entre 20 et 40 points de plus que l’Allemagne pour se financer sur les marchés financiers à court terme.

 

Toutefois cette hausse des taux d’intérêts ne semble pas entraîner une défiance des marchés financiers. En effet à court terme cela offre un supplément de rémunération qui peut séduire certains investisseurs, sachant qu’en outre la possibilité de racheter la dette allemande se fait rare sur les marchés. Les investisseurs sont également rassurés par la politique de « Quantitative easing » menée par la banque centrale européenne consistant pour une banque centrale à racheter massivement des titres de dettes aux acteurs financiers, notamment des bons du trésor ou des obligations d’entreprise. Les investisseurs sont ainsi sereins, même si un Etat membre de l’Union Européenne ne parvient plus à rembourser ses dettes, ils ont l’assurance que la banque centrale rachètera leurs bons du trésor.

 

La panique n’a pas non plus atteint les agences de notations, l’agence de notation Scope déclarait ainsi : « Nous ne pensons pas que le risque pesant sur l’économie est de nature à changer notre opinion, tant que Macron s’en tient à son programme de réformes structurelles. Et ce, même s’il est obligé d’augmenter les dépenses budgétaires pour compenser ».

 

 

Sources :

-https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0302298627475-letat-va-emprunter-des-montants-records-en-2019-2207737.php

-https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0600321905868-annonces-de-macron-legere-hausse-du-spread-de-la-france-2229009.php

-https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/12/mesures-pour-le-pouvoir-d-achat-des-zones-de-flou-et-le-calendrier-budgetaire-bouscule_5396388_823448.html?xtmc=deficit&xtcr=1

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