//Par Pierre Lansonneur//

 

N’aurions-nous pas été sages cette année pour ne pas avoir le fameux rallye de Noël (une période haussière) souvent très attendu ? En effet, les derniers espoirs, à savoir le secteur aéronautique et celui de la santé, finissent eux aussi par flancher, comme le note M. Rozier.

Il semblerait que l’annulation du rallye soit multifactorielle cependant, il en ressort un qui prédomine sur tous les autres : la fin du cycle de resserrement monétaire américain traduite par la hausse des taux d’intérêt d’un quart de point, de 2,25 à 2,50% – qui reste cependant faible. Ce resserrement serait la suite logique d’une politique d’injection de liquidités qui doit cesser pour faire face à l’instabilité des marchés de plus en plus élevée. La FED doit mettre fin à un endettement sans limite permis grâce à de faible taux d’intérêt. Jeffrey Gundlach, fondateur et dirigeant de DoubleLine Capital sur CNBC, désigné par Barron’s en 2011 comme le nouveau « roi de l’obligataire » en témoigne « Le problème est que la Fed n’aurait pas dû laisser les taux si bas pendant si longtemps. Le problème est que nous ne devrions pas avoir de taux d’intérêt négatifs comme nous les avons encore en Europe ». Car oui, ce phénomène touche aussi l’Europe et l’annonce de Jerome Powell (à la tête de la FED) impacte de toute évidence les marchés européens. Pour donner des chiffres, le CAC 40 qui avait pris 0,49% à la suite de l’annonce d’accord entre la Commission européenne et l’Italie au sujet du budget italien pour 2019, a chuté sur l’ensemble de la semaine de 3,12%. De l’autre côté de l’Atlantique, l’indice S&P-500 est en baisse de 7% depuis le début du mois, un record depuis les années 30’s. La situation n’a, bien sûr, pas été arrangée par Donald Trump, qui après avoir nommé Jerome Powell, a exprimé son désaccord vis-à-vis de la stratégie qu’il menait à la FED et s’est interrogé sur les questions de droit relatives à son renvoi.

En plus de cette annonce qui n’a pas ravi les investisseurs, on peut rajouter le contexte global entre guerre économique EUA-Chine et anticipation de ralentissement de la croissance mondiale. C’est pourquoi, Isabelle Mateos y Lago, directrice au Blackrock Investment Institute, énonce que même si rebond il y a, il ne compensera jamais ce mois de baisse et l’absence du rallye de Noël qui reste un phénomène rare comme le confirme Frédéric Rozier. Cependant, les investisseurs restent optimistes pour l’année prochaine, mis à part au Royaume-Uni – Brexit oblige. En effet, tandis que Isabelle Mateos y Lago rappelle que ces dernières semaines ne conditionnent pas les premières semaines de Janvier, Frédéric Rozier estime que d’ici la seconde semaine de Janvier le régime de volatilité des cours aura repris.

Du coup, pas de cadeau, ça tombe bien, les politiques sur les cadeaux d’entreprise prise suite à la crise de 2008 semble se confirmer une année de plus. En effet, les codes éthiques, de déontologie, la régulation anti-corruption ont réduit les budgets alloués aux cadeaux d’entreprise : les bonnes vieilles bouteilles de vins ont été remplacées par des mugs personnalisés.

 

Sources :

https://www.ft.com/content/cf7bf1ec-fc6c-11e8-aebf-99e208d3e521

https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN1OI2IA/wall-street-et-les-taux-chutent-apres-la-fed.html 19/12

https://www.boursorama.com/bourse/actualites/pour-noel-les-marches-souhaitent-un-peu-de-baume-au-coeur-bourse-hebdo-d1971a61ea025930359a6873ee37ff8c 21/12

https://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/0600399385380-linquietude-grandit-a-wall-street-2232152.php

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