//Par Thomas Bernard//

 

A mesure que les incertitudes s’intensifient, les scénarios catastrophes sur l’activité économique et financière se multiplient. Selon certains économistes, comme c’est le cas pour Georges Nurdin, la prochaine crise – qui ne saurait tarder à arriver – sera dévastatrice. Mais en réalité, pourquoi se dirige-t-on vers une crise économique ?

Cependant, cette potentielle crise ne serait pas uniquement financière ou économique mais bien les deux à la fois.

Financièrement, les indicateurs sont au rouge depuis quelques temps déjà. Même si la remontée spectaculaire de Wall Street ce même jeudi (plus de 1000 points de hausse en une seule journée !) semble être une bouffée d’air frais pour la finance mondiale, il convient de ne pas oublier que la volatilité des marchés est élevée, qu’il n’y a jamais eu autant d’incertitudes quant au commerce mondial, qu’une remontée progressive des taux de la FED se met en place et enfin surtout que l’endettement atteint des taux jamais observés. En effet, pour de nombreux experts, la bulle de la dette étudiante américaine (qui atteint aujourd’hui 1500 milliards de dollars) pourrait éclater incessamment sous peu, et devenir l’étincelle qui allumera le feu de la crise économique mondiale : de plus en plus d’actifs américains ne parviennent plus à rembourser leur prêt étudiant.

S’il ne faut pas négliger l’aspect financier, l’aspect économique semble fondamental dans la formation de cette future crise.

En effet le problème viendrait d’un phénomène structurel.

Si l’économie est sans surprise cyclique, nous venons de traverser une phase haussière de plus de 10 ans. Du presque jamais vu. Il est donc logique de s’attendre à un retournement, d’autant plus que même durant cette phase d’expansion économique, la croissance est restée faible en Europe et aux Etats-Unis. Même si croissance économique il y a, il ne faut pas oublier qu’elle est le prix de déficits budgétaires colossaux (plus de 1000 milliards de dollars sous l’administration Trump entre la baisse de charges et la hausse des dépenses). Ainsi, les nombreuses thèses des prix Nobel comme Paul Krugman ou Larry Summer qui portent sur la stagnation séculaire (le fait qu’on ne parviendrait plus à obtenir des gains de productivité significatifs et ainsi de la croissance) semblent toujours plus se vérifier, faisant planer le spectre de la crise économique.

Enfin, le dernier élément qui laisserait présager une crise économique se trouve dans le sociétal. Le niveau d’inégalités est de plus en plus élevé, et semble continuer d’augmenter. Si dans notre système d’économie de marché les inégalités sont légitimes et productives, le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz le rappelle : trop d’inégalités sont nocives pour l’économie, et leurs multiplications pourraient entraîner une crise sans précédent, en paralysant durablement l’appareil productif de notre système.

Savoir exactement quand aura lieu la prochaine crise est illusoire, nous n’en sommes pas capables. En revanche, il semblerait que les effets de cette dernière pourraient être plus importants que prévu, à moins que des mesures structurelles appropriées soient rapidement mises en place.

 

Sources :

https://www.boursorama.com/bourse/actualites/la-prochaine-crise-financiere-se-declenchera-dans-l-economie-reelle-ccae8ce67ab0c5e931279c6902bf80d6

https://www.capital.fr/entreprises-marches/la-crise-de-2019-celle-qui-ridiculisera-toutes-les-autres-1317882

 

 

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