//Par Matthieu Poisson//

 

Après avoir progressé jusqu’à l’automne pour atteindre 86 dollars début octobre, le pétrole a ensuite connu une forte chute. Mais pourquoi donc ?

L’Arabie Saoudite prend seule les devants en réduisant sa production de pétrole

Les discussions à Abu Dhabi entre les membres de l’OPEP et plusieurs pays non membres comme la Russie n’ayant pas abouti à une baisse de la production de pétrole, Riyad a décidé de faire cavalier seul. Le ministre saoudien de l’Energie, Khaled Al Faleh, a annoncé une baisse des exportations de 500.000 barils par jour en décembre.

L’Arabie saoudite réagit en fait à la chute récente du prix du baril de Brent. Après un pic à 86 dollars le 3 octobre, au plus haut depuis quatre ans, le baril de Brent a en effet plongé de plus de 18 %.

Les raisons expliquant la chute du cours du baril de Brent sont multiples. D’une part les Etats-Unis ont fortement augmenté leur production en pétrole de schiste, il faut ajouter à cela des anticipations de demande de pétole nettement revues à la baisse avec une croissance mondiale incertaine pointe notamment du doigt Les Echos. Le ralentissement de la croissance pourrait avoir « des répercussions sur la demande mondiale d’or noir en 2019 et pourrait conduire à creuser l’écart entre l’offre et la demande » selon le comité réuni à Abu Dhabi.

 

 

Un arrangement Russie-Arabie Saoudite suffisant pour peser sur le marché du pétrole ?

Quelques jours avant la réunion plénière de l’OPEP à Vienne, La Russie de Vladimir Poutine et l’Arabie saoudite du prince héritier Mohammed ben Salmane ont donné un signal fort en marge du G20 en Argentine à Buenos Aires en affichant une franche camaraderie ayant pour but la gestion du marché du pétrole. Cela donne suite à la réduction de production pétrolière unilatérale de l’Arabie Saoudite début novembre.

« Oui, nous sommes convenus de maintenir notre arrangement », a confirmé le président russe lors d’une conférence de presse. Il n’y a pas de décision définitive sur les volumes, pas encore »« Mais, ensemble, avec l’Arabie saoudite, nous le ferons, et quel que soit le chiffre final dont nous déciderons, nous nous sommes entendus pour surveiller le marché et y répondre rapidement », a assuré Vladimir Poutine dont le pays n’est cependant pas membre de l’OPEP.

 

Une fin d’année difficile

Alors que certains prédisaient début octobre qu’il franchirait sans tarder le seuil symbolique des 100 dollars, le baril de pétrole va péniblement terminer l’année 2018.

Le Brent avait pourtant entamé une très belle progression passant de 63 à 80 dollars entre janvier et mai, en partie grâce à la politique de limitation de production de l’OPEP et de la Russie mais les incertitudes sur la production iranienne, notamment, ont fait pencher la balance dans l’autre sens.

Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, avait même pronostiqué qu’il ne serait pas surpris de voir un baril à 100 dollars « dans les prochains mois ».

 

 

 

Sources :

-https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0600126276299-larabie-saoudite-reduit-sa-production-de-petrole-2220764.php

-https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0600259136030-russie-et-arabie-saoudite-ensemble-pour-surveiller-le-marche-du-petrole-2226400.php

-https://www.challenges.fr/entreprise/energie/petrole-une-fin-d-annee-2018-vertigineuse_632744

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