//Par Thomas Bernard//

 

Le 2 août 2018, Apple devenait la première entreprise privée à atteindre la capitalisation boursière symbolique de 1000 milliards de dollars. Début octobre, elle atteignait le pic de 1121 milliards de dollars. Seulement 3 mois après, Apple ne valait « plus que » 674 milliards, notamment à cause d’une baisse considérable du cours de son action : -10% uniquement dans la journée du 2 janvier suite de l’annonce de résultats jugés décevants par les investisseurs.

Mais comment expliquer l’effondrement de la valeur d’Apple ?

Avant tout, cela faisait quelques temps déjà que les investisseurs doutaient de la capacité de la firme à atteindre ses objectifs. En cause, principalement, les prévisions de ventes d’iPhones revues à la baisse. Si l’iPhone est la poule aux œufs d’or d’Apple, il peut également être son pire cauchemar. Représentant les deux tiers du chiffre d’affaires de la firme à la pomme, quand les ventes de l’iPhone plongent, c’est Apple entier qui suit. Même la stratégie de montée en gamme des iPhones semble décevante : la semaine dernière, City Research a annoncé qu’Apple avait réduit la production de l’IPhone XS (le modèle le plus onéreux) de 48% !

L’iPhone n’est pas le seul touché : l’iPad dévisse également et voit ses ventes péricliter de 2% sur l’année.

En revanche, pour tous les autres produits hardwares, le bilan est positif. La vente d’ordinateurs a progressé de 3% sur l’année, et les autres produits « secondaires » d’Apple (Apple TV, Apple Watch, HomePod…) ont connu une croissance insolente de 35% de leur revenu annuel.

 

Cette bonne nouvelle ne compense pas en revanche la baisse des ventes de l’IPhone.

Pour contrer ce phénomène, Tim Cook, l’actuel PDG de la firme de Cupertino a décidé de miser gros sur les services, qui ont actuellement une marge brute incroyable, estimée à 67% (contre 40% pour un iPhone). En revanche, la démocratisation de ces services payant se confronte à un problème de taille : elle est corrélée à la vente de produits hardwares, car tous ces services (Apple Pay, Apple music…) sont exclusivement utilisables sur des appareils Apple. C’est donc un pari qui peut s’avérer très rentable, mais risqué.

 

Il convient néanmoins de fortement relativiser ces effets d’annonce.

Il est certain qu’Apple a perdu une énorme part de sa valeur boursière (plus de 30% en seulement 4 mois) et le modèle de son âge d’or n’est plus assuré. Mais il est impératif de se rappeler qu’Apple reste une des entreprises les plus rentable du monde avec un chiffre d’affaires tout bonnement incroyable (48.35 milliards de dollars de bénéfice pour 229.23 milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2017).

De plus, Apple est la société mondiale avec la trésorerie la plus importante : plus de 237 milliards de dollars de cash, et ce malgré les rachats massifs d’actions. Cette trésorerie permet à Apple de se mettre à l’abris de toute difficulté financière potentielle, mais également et surtout de pouvoir faire des gigas-acquisitions qui lui permettraient, en cas de difficultés notables, de se diversifier.

 

 

Sources :

https://www.lepoint.fr/economie/bourse-apple-s-effondre-et-entraine-wall-street-dans-sa-chute-03-01-2019-2283206_28.php

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/01/04/bourse-wall-street-chute-assommee-par-le-plongeon-de-10-d-apple_5404922_3234.html

https://www.europe1.fr/emissions/axel-de-tarle-vous-parle-economie/apple-chute-lourdement-en-bourse-3832208

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *