// Par Norman Lucas//

Aujourd’hui SKEMA Finance s’intéresse à l’enquête que mène la FED concernant les transactions suspectes réalisées par la première banque d’investissement allemande dans le scandale qui a éclaboussé la banque d’investissement danoise : la Danske.

Le désordre n’a pas débuté en Allemagne mais au Danemark, la plus grande banque d’investissement du pays : la Danske est accusée d’avoir utilisé sa petite filiale estonienne pour faire transiter, de 2007 à 2015, quelque 200 milliards d’euros via les comptes de clients ne résidant pas en Estonie. Ce vaste scandale de blanchiment d’argent éclaboussant l’établissement danois a été provoqué par les révélations du lanceur d’alerte Howard Wilkinson.

L’établissement danois a en effet fait l’objet d’une inculpation préliminaire par le parquet financier de Copenhague, fin novembre pour ses agissements. Lors de ce même mois, Deutsche Bank avait reconnu qu’une relation d’affaires avait bien existé entre les deux institutions financières entraînant ainsi une défiance des enquêteurs. Cette défiance n’a pas été partagée par les marchés, en effet l’action Deutsche Bank reste pour le moment stable entre 7 et 8 euros. Il se pourrait toutefois que l’avancée de l’enquête en défaveur de la firme allemande modifie cet état de fait. La Fed avait déjà condamné la banque allemande à verser 41 millions de dollars pour manquement dans la lutte contre le blanchiment d’argent en 2017.

Si le cours de l’action a pu rester stable c’est notamment grâce à la communication de l’entreprise allemande qui nie toutes les rumeurs pour rassurer les investisseurs tout en coopérant avec les régulateurs. Un porte-parole de Deutsche Bank avait affirmé à l’AFP en Allemagne que la banque avait cessé les relations d’affaires avec Danske Bank en 2015 après avoir observé des « activités douteuses ». Ce même porte-parole déclarait également : « Il n’y a pas d’enquêtes, la banque a reçu des demandes d’informations des régulateurs et des autorités judiciaires… Deutsche Bank continue d’apporter les informations et de coopérer avec les autorités compétentes. »

Cette enquête montre néanmoins à quel point l’avenir de la banque allemande est incertain. Si le cours de l’action n’a pas trop évolué c’est parce qu’il est à un niveau historiquement bas (presque 8 euros pour obtenir une action Deutsche Bank contre 41 euros pour une action BNP Paribas en janvier 2019). Pour sortir la tête de l’eau, une fusion avec Commerzbank est envisagée. Deutsche Bank pourrait également bénéficier d’un apport de capital de fonds souverain qatari. C’est en tout cas ce que suggèrent les déclarations du président de la Qatar Investment Authority Sheikh, Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, mercredi dans une interview à Davos. Il a en effet affirmé être en discussion pour une éventuelle prise de participation dans le groupe. Cette nouvelle risque malheureusement d’être la seule positive pour le groupe allemand dans un horizon proche.

 

https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0600569100477-la-reputation-du-danemark-abimee-par-le-scandale-danske-bank-2238814.php

https://www.zonebourse.com/DANSKE-BANK-1412871/actualite-broker/Presse-la-Fed-questionnerait-Deutsche-Bank-dans-l-affaire-Danske-Bank-27904726/

https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0600567601719-scandale-danske-la-fed-se-penche-sur-le-role-de-deutsche-bank-2238735.php

 

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