//Par Matthieu Poisson//

 

L’Argentine entre en récession

L’Argentine fait face à une récession « dure et difficile » mais « inévitable », selon le ministre de l’Economie Nicolas Dujovne, avant d’essayer de rassurer les argentins sur la nouvelle politique économique mise en place par le gouvernement et par ses résultats futurs.

Après une croissance du PIB au premier trimestre, le deuxième trimestre n’a, quant à lui, pas confirmé. Cependant la tendance à la baisse de 2,4% du PIB en 2018 (estimation) devrait s’atténuer étant donné que le PIB ne devrait reculer que de 0,5% en 2019 selon le gouvernement.

L’une des principales causes de cette récession concerne le peso argentin. Il a en effet perdu près de 50% de sa valeur par rapport au dollar depuis janvier 2018 ce qui a poussé le président argentin Mauricio Macri à se tourner vers le FMI (Fonds Monétaire International). Le FMI lui a donc accordé un prêt de 50 milliards de dollars en vue d’aider l’Argentine.

 

Dégradation de la situation argentine

Malgré de bonnes intentions pour essayer d’enrayer cette spirale récessionniste, le prêt octroyé par le FMI a été revu à la hausse pour passer de 50 à 57 milliards de dollars a annoncé Nicolas Dujovne lors d’une conférence de presse avec Christine Lagarde, directrice du FMI. Cela a pour but de réduire le déficit budgétaire et est accompagné d’une « cure » d’austérité et a surtout été possible après l’éviction de Lius Caputo a profit de Guido Sandleris, nouveau gouverneur de la Banque centrale de la République d’Argentine (BCRA) qui avait une stratégie monétaire divergente de celle du FMI.

« Nous savons que nous avons des mois difficiles devant nous, comme nous avons eu des mois difficiles depuis avril. Mais nous savons aussi que sans ces mesures, cela aurait été pire. Nous avons réussi à éviter une crise », a déclaré Nicolas Dujovne.

« Nous soutenons fortement les efforts du président Macri et cette nouvelle initiative de politique monétaire destinée à baisser les taux d’intérêt et l’inflation, et mettre l’économie argentine sur la voie d’une croissance durable » a aussi déclaré le secrétaire américain au Trésor, on peut y voir l’influence énorme du FMI et des Etats-Unis.

 

Un contexte social tendu

Le pouvoir d’achat de la population a drastiquement baissé ces derniers mois, en effet en 2018, l’inflation a frôlé les 40 %. Pour Fausto Spotorno, économiste, « l’accord avec le FMI dissipe les doutes financiers pour au moins un an. C’est positif. Le gouvernement doit désormais atteindre ses objectifs ».

Chez les argentins, l’accord ne fait pas non plus l’unanimité : « Cela nous porte préjudice. Nous nous endettons et nous ne corrigeons pas nos erreurs. Nous dépensons plus que ce que nous pouvons », déplore un employé d’une entreprise de téléphonie. « N’importe quel accord avec le FMI ne me paraît pas bon pour un pays attaché à sa souveraineté. Je pense qu’il y a d’autres moyens de sortir de la crise. Le Fonds impose ses propres recettes. Il prête à cette condition », fait aussi remarquer un avocat argentin.

 

 

 

Sources :

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/L-Argentine-traverse-une-recession-dure-et-difficile-ministre–27358339/

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-sud/en-argentine-la-crise-permanente_2040176.html

https://www.lemonde.fr/economie-mondiale/article/2018/09/27/le-pret-du-fmi-a-l-argentine-passe-de-50-a-57-milliards-de-dollars_5360749_1656941.html

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *