//Par Pierre Lansonneur//

 « Le private equity ou capital‐investissement désigne une forme spécifique d’investissement institutionnel dans des entreprises privées avec comme objectif de financer leur développement, leur transformation et leur expansion.

Les formes les plus répandues de private equity sont le capital risque (ou venture capital) d’une part, désignant des investissements dans la création et le développement de start‐ups innovantes, et les LBO (Leveraged Buy‐Out) d’autre part, désignant l’acquisition d’une part majoritaire d’une entreprise existante via un financement par de la dette » OLIVIER GOTTSCHALG

Les dernières années ont, pour le private equity, été dorées. En effet, la conjoncture était favorable au développement de cette activité qui naissait il y a plus de 30 ans aux Etats-Unis. L’économie mondiale renouait avec la croissance et les créanciers, en nombre après s’être remis de la crise des subprimes, ont maintenu des taux bas afin de financer cette croissance. La croissance mondiale et la facilité à s’endetter à des taux avantageux ont permis aux acteurs du private equity de maximiser leurs opérations. Un secteur si attractif que les fonds d’investissement ne sont plus les seuls intéressés par cette gestion alternative, à titre d’exemple, désormais les fonds souverains et ceux d’infrastructures s’y appliquent aussi. En 2018, les acteurs européens détenaient 192 milliards de dollars prêts à être investis dans le capital de sociétés tandis qu’au niveau mondial ce n’était pas moins de 757 milliards de dollars, selon Perqin, qui étaient mis à disposition des fonds de private equity.

Cependant, il semblerait que les activités de private equity se stabilisent après une ascension exceptionnelle depuis la crise des subprimes. En effet, durant le troisième trimestre de 2018, selon l’indice Argos Mid Market* la valorisation des transactions est restée sous la barre des 10 fois l’ebitda à 9,8 soit 0,1 de moins qu’au trimestre précédent. En effet, les opportunités se raréfient, la hausse des taux directeurs par la FED ainsi que les tensions géopolitiques ne jouent pas en faveur du private equity et c’est alors la prudence qui se répand chez les acteurs du private equity ainsi que chez les créanciers. En effet, « certains prêteurs commencent à évoquer de nouveau la mise en place de conditions sur les prêts » affirme Bernard Gautier, membre du directoire de Wendel. La possibilité d’un retournement reste tout de même peu probable : le niveau d’endettement des sociétés ne représente que 5,1 fois l’ebitda tandis qu’il le représentait 6,3 avant la crise de 2008 et le private equity a beaucoup appris de cette crise notamment les sociétés qui pratiquent LBO, financement à effet levier par la dette.

Dès lors, les acteurs du private equity ont de moins en moins recours à la dette. Ils financent leurs opérations par leurs propres capitaux et se détachent du modèle traditionnel de rachat par effet levier (LBO). On remarque notamment le rachat par Blackstone et Hellman & Friedman d’Ultimate Software à 70% via les capitaux des fonds alors qu’il y a quelques années ils n’excédaient pas les 50% dans les opérations.

*L’indice Argos Mid-Market, comme la plupart des indices de comparaison entre les acteurs private equity, se base sur l’ebitda car « l’ebitda est une mesure qui sera moins impactée par les différences en termes de fiscalité [..] et constituera donc un meilleur outil pour juger de la valorisation du marché. » Gilles Mougenot

Sources :

https://www.lecho.be/actualite/archive/le-ralentissement-dans-le-private-equity-a-commence/10072349.html

https://investir.lesechos.fr/actions/actualites/le-private-equity-renonce-de-plus-en-plus-au-levier-1829637.php#

https://www.lesechos.fr/finance-marches/ma/0302352514195-private-equity-la-flambee-des-prix-se-poursuit-2212392.php

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *