//Par Thomas BERNARD//

Paris et Berlin ont annoncé récemment chercher à construire une Europe des batteries. Par ce terme, les deux pays entendent investir de manière durable dans la création et la réutilisation de cellules de batteries pour combler le retard accumulé par le vieux continent par rapport aux américains et à la Chine afin de s’imposer sur un marché en forte croissance, boosté par les véhicules électriques.

Mais la volonté politique semble loin des nouvelles contestations économiques et environnementales liées aux véhicules électriques.

Environnementalement parlant, la voiture électrique est de plus en plus controversée, que ce soit par les rejets observés de particules fines, par l’extraction très polluante de métaux rares pour les batteries ou par la provenance très souvent non renouvelable de l’électricité utilisée.

Economiquement, la fabrication de voitures électriques pourrait être extrêmement nocive pour l’emploi automobile puisque selon de nombreux constructeurs (PSA, Renault…), la fabrication de voitures électriques nécessite moins de sous-traitants car ces dernières sont moins « complexes » et nécessitent moins de pièces. L’impact pourrait être -selon Carlos Tavares, le PDG de PSA- considérable.

Ces premières annonces sont donc les racines de nombreux nouveaux scandales. Les regards se sont alors tournés vers un mode de transport alternatif : la voiture à hydrogène.

Méconnue du grand public, la voiture à hydrogène semble pourtant se placer comme l’alternative la plus sérieuse et la plus écologique à la voiture électrique. Si la voiture à hydrogène est en réalité une sorte de voiture électrique dont les batteries sont remplacées par une pile à combustible qui est elle-même alimentée par de l’hydrogène, elle ne semble pas posséder les défauts de la voiture électrique : autonomie plus importante, temps de recharge de moins de 5 minutes…

En revanche, la mise en place d’un réseau de borne de recharge à hydrogène est -pour l’instant- très onéreuse, tout comme la production d’hydrogène. Mais de nombreux acteurs importants y croient, comme Toyota et Hyundai, qui multiplient les actions en faveur de ce type de voiture.

Mais comme bien souvent, la rationalité économique ne l’emporte pas toujours. Si la voiture à hydrogène semble prometteuse en étant un des premiers transports vraiment écologiques, la volonté politique semble tout autre.

Les grands groupes occidentaux (Renault, PSA, Volkswagen, General Motors, etc.) ont, eux, misés uniquement sur l’électrique quitte à ignorer l’hydrogène (plus d’une quinzaine de modèle Audi auront une option électrique d’ici 2025, idem pour les autres groupes). La volonté des pouvoirs publics de soutenir le secteur électrique et les choix des constructeurs semblent également très fort comme le montre la volonté Franco-Germanique de construire une Europe de la batterie.

Même si ce n’est donc pas le choix économique et écologique le plus rationnel, la voiture électrique semble avoir de beaux jours devant elle.

Sources :

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/02/21/toyota-va-deployer-500-nouveaux-taxis-a-hydrogene-a-paris-d-ici-a-2020_5426442_3234.html

https://www.autoplus.fr/actualite/Emploi-Electrique-Commission-europeenne-Pollution-Emissions-Voiture-verte-1530767.html

https://www.usinenouvelle.com/article/la-voiture-electrique-pas-si-vertueuse-qu-elle-en-a-l-air.N741134

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