//Par Thomas Bernard//

Le groupe Aéroport de Paris est une entreprise française qui gère et possède les plus grands aéroports de France (Orly, Roissy, Le Bourget et de nombreux autres aérodromes). En 2018, le chiffre d’affaires était de 4,47 milliards d’euros et le résultat net de 610 millions d’euros. L’Etat français a également reçu au cours de l’exercice 2018 174 millions d’euros de dividendes.

Le 4 octobre 2018, l’Assemblée nationale a donné son feu vert pour la privatisation de l’entité Aéroport de Paris. Cet accord, contenu dans la loi Pacte prévoit la cession majoritaire de la gestion du groupe, soit environ 50,6% des parts du groupe.

Mais pourquoi vouloir privatiser Aéroport de Paris ?

Le gouvernement souhaite à travers la loi Pacte trouver un nouveau moyen de financement des entreprises. La vente de ADP (Aéroport de Paris) est censée permettre cela. En effet, le gouvernement souhaite placer le pactole qu’il récupèrera de la privatisation (environ 9,7 milliards d’euros) en obligations d’Etats qui rapporteraient théoriquement 250 millions d’euros chaque année, soit plus que les 174 millions d’euros de dividendes actuels.

Le gouvernement justifie ainsi la vente par une rentrée d’argent plus stable que les dividendes qui peuvent fluctuer, mais aussi et surtout par une baisse de la dette française de 0,5 points.

Il explique également que c’est le bon moment pour vendre le groupe ADP : la bonne santé financière du groupe permettra d’en tirer un bon prix.

Est-ce récent ?

En réalité, le groupe ADP a déjà connu de nombreux changements. Si l’Etat était au début le seul actionnaire, la société a été transformée en S.A en 2005.

Le groupe fut par la suite introduit en bourse en 2006, puis, des parts furent cédées pour maintenant atteindre les 50,6% du capital du groupe.

Mais alors pourquoi cela fait-il scandale ?

Tout d’abord, de nombreux parlementaires estiment que vendre le seul groupe qui gère les grands aéroports français reviendrait à concéder un monopole naturel à un groupe privé. Ce qui ferait du coup augmenter mécaniquement les prix.

La critique du contrôle des migrations est également mise au premier plan : ce pouvoir régalien serait menacé, sachant que les aéroports et aérodromes gérés par ADP représentent une des premières entrées de personnes sur le territoire français.

Enfin, l’exemple de la privatisation de l’aéroport de Toulouse, qui n’est pas une réussite, est souvent montré du doigt.

Les anti-privatisations s’organisent pour contrer le projet

De nombreux parlementaires montrent du doigt le fait qu’il serait plus pertinent de se servir de la manne financière permise par les dividendes de ADP distribués à l’Etat pour financer les entreprises françaises.

La volonté même de l’Etat de vouloir financer des start-ups et des entreprises est controversée, puisque les retours du financement de ces dernières par l’Etat étant plus que misent en doute : de nombreuses start-ups qui ont bénéficiées d’aides n’ont pas réussi à tenir bon et ont fait faillite.

Enfin, 197 parlementaires ont enclenché, le 9 avril 2019 un référendum d’initiative partagé visant à empêcher la privatisation d’ADP, mais la création même du référendum est incertaine.

Sources :

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/03/13/loi-pacte-les-enjeux-de-la-privatisation-d-aeroports-de-paris-en-six-questions_5435432_4355770.html
https://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/aeroports-de-paris-feu-vert-de-lassemblee-a-la-privatisation-140875
https://www.20minutes.fr/politique/2492663-20190409-privatisation-aeroport-paris-parlementaires-enclenchent-referendum-initiative-partagee

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