//Par Matthieu Poisson//

Une obligation est un titre de créance, c’est un emprunt que l’on va découper en différents bouts (titres) puis on va les revendre pour ne plus en assumer le risque. Une obligation verte ou green bond est assimilable à un emprunt obligataire classique émis sur les marchés financiers, mais l’émetteur (un Etat, une entreprise) s’engage sur l’utilisation du capital, ici pour soutenir les projets liés au développement durable et doit publier un rapport annuel. Cela brille en surface et cela permet d’attirer les investisseurs, mais que sont réellement les green bonds ?

Le tout premier « green bond » a été émis par la Banque européenne d’investissement (BEI) en 2007 sous la mention de « Climate Awareness Bond ». Le marché des « green bonds » est en constante croissance et de plus en plus vendeur, l’ensemble des obligations vertes atteindrait même près de 900 milliards, selon l’ONG Climate Bonds Initiative. Important en valeur mais insignifiant en valeur absolue, cela représente bien moins d’1% du marché obligataire à l’échelle mondiale.

La France, qui a émis le plus important « green bond » (7 milliards d’euros en 2017) est le deuxième émetteur de « green bonds », derrière la Chine. 

La région Île-de-France, ENGIE, EDF et Sncf Réseau ont d’autre part été parmi les premiers à en émettre. « Les grandes banques françaises, dont Natixis, sont également très actives dans ce domaine et dans le secteur de la gestion d’actifs. Ainsi, la place de Paris a tous les atouts pour devenir la capitale de la finance verte grâce aux green bonds » selon Philippe Zaouati, Directeur général de Mirova (société de gestion, acteur de la finance durable).

Les green bonds peuvent aussi être assimilés à du green wahsing pour certains d’entre eux. Dans ce cas c’est une pratique permettant de se montrer respectueux de l’environnement pour tromper le client afin de commercialiser un produit – ici une obligation.

Un marché à mieux structurer pour le Ministère de la Transition écologique et solidaire

Le marché des green bonds souffre d’un manque de transparence quant à la qualification verte des projets financés.  L’absence de standardisation rend difficile l’harmonisation et la transparence des obligations vertes vis-à-vis de l’investisseur qui accorde de plus en plus d’importance au volet environnemental du reporting extra-financier.

Le marché devrait donc se structurer grâce à une harmonisation des standards de reporting pour les émetteurs ainsi que par une analyse de l’impact environnemental des projets durant toute la durée de l’émission obligataire.

Piqûre du rappel concernant les Junk bonds 

Junk Bond ou obligation « pourrie » désigne les obligations qui comportent un haut taux de risque. Elles sont qualifiées de spéculatives par les agences de notation.

Le principal risque est que l’émetteur ne soit pas solvable, d’où le rendement économique important qui contrebalance le fort risque de défaillance. Ces junk bonds peuvent entre autres avoir un taux d’intérêt supérieur à 10%, les emprunteurs n’étant la plupart du temps pas liquides.

Les Junk Bond sont souvent pointés du doigt comme étant à l’origine de crises financières tant leur risque de non-solvabilité peut entrainer un effondrement du marché dû à une perte de valeur subite.

Sources :

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/qu-est-ce-qu-un-green-bond-760714.html
https://www.natixis.com/natixis/jcms/lpaz5_53593/fr/entretien-le-marche-des-obligations-vertes-ou-green-bonds
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/obligations-vertes
https://www.andlil.com/definition-dun-junk-bond-ou-obligation-pourrie-125440.html
https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/les-engagements-bien-fragiles-des-emetteurs-de-green-bonds-1012748https://www.novethic.fr/actualite/finance-durable/isr-rse/green-bonds-la-croissance-ralentit-mais-le-marche-reste-solide-146880.html

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *