//Par Matthieu Poisson//

Les banques et cabinets commencent à se presser pour faire l’histoire boursière et avoir un rôle dans l’opération qui sera sans aucun doute la plus importante introduction en Bourse de l’histoire. Précisons qu’une IPO -Initial Public Offering – est une opération financière conduite par une société ayant pour but la cotation de titres de capital (capital divisé en actions) de cette entreprise sur un marché boursier.

Le processus d’IPO avait été précédemment suspendu en août 2018, JPMorgan, Morgan Stanley avaient été retenues comme coordinatrices mondiales selon Reuters. Le processus avait été suspendu pour permettre à Saudi Aramco de se concentrer sur sa prise de participation au capital du groupe pétrochimique Sabic (Saudi Basic Industries Corporation).

Annoncé en 2016 par le prince héritier du royaume saoudien Mohammed ben Salmane (MBS), le projet devait aboutir à la vente de 5% de Saudi Aramco via une cotation à la fois en Arabie saoudite (Bourse de Riyad, sur le Tadawul, principal indice de la Bourse saoudienne) et à l’international, les Bourses de New York, Londres et Hong Kong s’étant aussi positionnées pour inscrire les titres Aramco sur leurs tableaux de cote. In fine cela permettrait à l’Arabie Saoudite de diversifier ses revenus en attirant davantage d’investisseurs pour réduire sa dépendance au pétrole. L’opération pourrait permettre de lever à peu près 100 milliards de dollars et de financer en partie le plan « Vision 2030 » visant à investir dans les secteurs de l’industrie, des infrastructures et des services.

Écarts de valorisation

Si la cession de 5% du capital générait 100 milliards de dollars, Sausi Aramco serait valorisée à 2000 milliards de dollars, ce qui en ferait, et de loin, la première capitalisation boursière mondiale (Microsoft avoisine les 1006 milliard de dollars). Les analystes estimaient plutôt la valeur du groupe pétrolier à 1500 milliards de dollars. La valorisation des « supermajors » pétroliers dépend principalement de leur principal actif, à savoir les réserves d’or noir qu’ils possèdent. Et cela fait le jeu de Saudi Aramco qui est assise sur des réserves de brut équivalentes à près de 260 milliards de barils de pétrole (plus de 17% des réserves mondiales prouvées).

A noter que la compagnie finance 60% du budget du royaume, l’Arabie Saoudite dépend donc entièrement de sa santé.

Plus de trois ans après cette annonce, l’IPO du siècle n’a jamais réellement pris forme. Reste à voir ce que MBS décidera pour Saudi Aramco.

Saudi Aramco publie les premiers résultats semestriels de son histoire

En raison de la baisse du cours du brut, le bénéfice net semestriel du géant saoudien Saudi Aramco a reculé de 12% au premier semestre 2019, à 46,9 milliards d’euros.

« Malgré la baisse des cours du pétrole lors de la première moitié de 2019, nous avons continué à enregistrer de solides résultats et une trésorerie importante » a toutefois affirmé Amin Nasser, le PDG d’Aramco, selon BFM Bourse. Saudi Aramco avait déjà dévoilé début avril des bénéfices considérables pour 2018, qui faisaient de la major l’entreprise la plus rentable au monde avec 111,1 milliards de dollars de profits annuels.

Ce chiffre dépassait le bénéfice cumulé des cinq « supermajors » : ExxonMobil, Chevron, la BP, Royal Dutch Shell et Total. Il était aussi quasiment deux fois plus important que celui d’Apple (59,3 milliards de dollars), société cotée avec les plus gros bénéfices au monde.

Sources :

https://www.tradingsat.com/actualites/informations-societes/saudi-aramco-prepare-toujours-la-plus-grosse-ipo-de-l-histoire-876007.html
https://www.usinenouvelle.com/article/l-arabie-projette-une-ipo-progressive-de-saudi-aramco-a-ryad.N882545
https://www.tradingsat.com/actualites/informations-societes/toujours-pas-d-ipo-en-vue-pour-saudi-aramco-qui-publie-les-premiers-resultats-semestriels-de-son-histoire-875147.html

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