// Par Mariama FOFANA //

Les spécialistes sont formels, si nous continuons de consommer de la même façon nous courrons vers la destruction de notre planète. Pour améliorer notre futur (et retarder au maximum toute crise environnementale), il faut adopter un meilleur comportement, c’est-à-dire, un comportement plus respectueux de l’écosystème et être conscient des enjeux. Cette idée de changer sa façon d’agir va au-delà du consommateur lambda. En effet, les grandes sociétés sont de plus en plus nombreuses à intégrer des normes « vertes » dans leurs politiques d’entreprise comme l’a tout récemment fait McDonald’s. Un tel revirement dans notre façon d’agir implique une nouvelle manière de gérer la politique des pays mais surtout la finance! En effet, en dépit du fait que les États se réunissent lors d’événements comme la COP21 pour discuter des grands enjeux environnementaux, ils se retrouvent aussi pour mettre en place un nouveau type de finance dite finance verte ou durable, et qui serait par conséquent, adaptée aux problématiques actuelles.

Qu’est que la finance durable ?

Selon Fimarkets : la finance durable désigne, pour l’essentiel, l’ensemble des instruments et mécanismes de financement du développement durable. Elle permet donc d’investir de manière solidaire plutôt que dans le classique compte d’épargne par exemple. Ce qui d’une certaine façon, hôte le côté extrêmement rationnel de la finance au profit d’un côté plus « humain ». L’Investissement Socialement Responsable (ISR) a pour but de lier rendements financiers et développement durable en proposant d’investir dans des sociétés triées au volet grâce à des critères environnementaux sociaux et de gouvernance (ESG). Ces critères extra-financiers permettent de donner du sens à son épargne. L’ISR et la Transition Energétique et Écologique pour le Climat (TEEC) sont deux labels publics —ayant le même rôle. Cependant, il existe aussi des indices privés comme les fonds « bas carbone » qui sont des fonds qui proposent d’investir dans des entreprises à faible emission de carbone, ou encore dans les obligations vertes (ou green bonds), qui permettent de financer des projets qui luttent contre le réchauffement climatique.

Où en sont les discussions aujourd’hui ?

L’Union Européenne veut orienter ses capitaux vers les investissements verts, mais comment y parvenir avec autant de divergences internes? Les États-membres et les membres du parlement européen se sont réunis afin de discuter de la fameuse « taxonomie » qui aurait pour objectif d’encadrer la finance verte en Europe en déterminant quels secteurs pourront en bénéficier. Toutefois, toute discussion semble compliquée d’autant plus que chaque État-membre semble vouloir protéger certaines de leurs industries stratégiques et faire prévaloir leurs propres intérêts. C’est notamment le cas de la France, très attachée au nucléaire qui représente 70% du mix électrique français. Elle souhaite donc que le nucléaire obtienne ce fameux label vert et intègre la « taxonomie ». L’Allemagne a clairement exprimé son opposition tout en montrant sa volonté de réintégrer le gaz, pour protéger l’industrie automobile. Ceci accentue les tensions entre Paris et Berlin concernant la question environnementale et industrielle, ce qui risque de compliquer les discussion lors la COP25 à Madrid en décembre prochain. Aujourd’hui, la finance durable se répand progressivement dans le monde entier, il ne lui manque qu’une réglementation claire et universelle afin d’éviter tout abus comme le green washing (une entreprise qui prétend avoir des intentions en faveur du développement durable alors que non). Une question à se poser serait : La finance durable est-elle la solution face au réchauffement climatique ?

Sources :

https://www.fimarkets.com/pages/finance-durable.php
https://www.lesechos.fr/monde/europe/bras-de-fer-entre-europeens-sur-le-futur-label-de-finance-durable-1150984

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