//By Raphaël BIAU//

Il y a presque 3 mois, le 24 Octobre 2019, le krach boursier le plus connu, mais aussi le plus violent de l’histoire, celui du 24 octobre 1929, fêtait ses 90 ans. Presque un siècle plus tard, cette crise financière et économique mondiale qui devait être la dernière, a vu derrière elle se succéder de nombreuses autres, toutes plus violentes, plus mondialisées mais surtout plus inattendues. Plus de 10 ans après la dernière grave crise financière, l’économie mondiale ne semble pas avoir réussi à rebondir, pire, de nouveaux signes semblent annoncer sa fragilisation dans un contexte géoéconomique et géopolitique qui laisse craindre le pire.

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Source: news.sen360.sn

Une croissance mondiale au ralenti signe d’une économie mondiale qui entre en récession¹ ?

Dans une économie mondiale toujours plus globalisée, l’importance de la santé économique et financière des moteurs de l’économie mondiale est d’une importance primordiale. La crise de 2008 l’a montré, la crise financière aux Etats-Unis en a entrainé une mondiale. Or aujourd’hui, les craintes se multiplient parmi les grandes puissances économiques et financières du globe. Pour la première fois depuis 10 ans, l’industrie allemande va connaître une baisse de sa production. Celle-ci est d’autant plus significative qu’elle s’élèvera à 12% et que la croissance allemande connaîtra son taux de croissance le plus bas depuis 8 ans à 0,5%. Les croissances américaines et chinoises sont également en net recul en cette fin d’année 2019, et les nouvelles prévisions réalisées pour 2020 n’entretiennent pas l’optimisme (-0,7% pour la première entre 2018 et 2020 et -0,4% pour la seconde). Pour la Chine, la situation est encore plus alarmante puisque le pays est désormais officiellement rentré en récession, et malgré l’apport de liquidités du pays et des relances effectuées, la Chine ne semble pas en mesure de pouvoir lutter contre cette récession. Selon l’OCDE, l’année 2020 pourrait-être celle de la plus faible croissance économique mondiale depuis 10 ans, estimée à 2,9%, soit une baisse de 0,5% en comparaison avec les dernières prévisions réalisées. Concernant la zone Euro, l’OCDE estime la croissance moyenne de la région à 1,1%.

Toutes les prévisions réalisées ces derniers mois sont désormais revues à la baisse, signe avant-coureur d’une possible récession mondiale.

Des tensions qui montent de toute part du globe et qui menacent l’économie mondiale

Si la situation économique mondiale inquiète, l’inquiétude est double puisque des tensions géoéconomiques et géopolitiques pourraient venir perturber l’économie mondiale.

  Les attaques subies par l’Arabie Saoudite sur son espace productif pétrolier témoignent de la pression de plus en plus importante sur les matières premières. De même, l’importance du pétrole dans l’industrie mondiale fait craindre que des points de passages stratégiques tel que le détroit d’Ormuz ou de Bab-el-Mandeb puissent devenir des armes de guerre économique pour des pays comme l’Iran, le Yémen ou l’Arabie Saoudite avec des répercussions inestimables sur l’économie mondiale. Les tensions économiques et géopolitiques entre l’Iran et les Etats-Unis pourraient donc avoir une importance capitale sur la croissance économique mondiale et sur la fixation du prix du pétrole.

Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine font également peser sur l’économie mondiale une large menace, le libéralisme menacé, cet appel à une nouvelle ère de barrières économiques protectionnistes dans un contexte toujours accru d’économie globalisée pourrait induire une baisse du commerce mondial et une économie mondiale déstabilisée. Il sera bon de regarder la politique de commerce extérieur entre les Etats-Unis et l’Union Européenne, considérée par Donald Trump comme un partenaire commercial « brutal ».

 

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Source: radioteleantilleshaiti.com/

Enfin, l’année 2019 et le début d’année 2020 ont vu porter sur l’économie de nouveaux risques majeurs notamment liés à un accroissement des catastrophes naturelles (Australie, Cashemire) ou à l’apparition de nouveaux risques biologiques (Coronavirus) qui demandent des dépenses très lourdes et qui inquiètent les investisseurs mondiaux. L’accroissement des conflits et troubles sociaux (émergence du populisme, Gilets Jaunes puis réforme des retraites en France, conflit Hong-Kong-Chine notamment) a aussi fortement perturbé la croissance et pourrait être un frein majeur pour une reprise durable de la croissance.

Mais pourtant l’optimisme pourrait-être de sortie en 2020

La possibilité d’un Brexit sans accord est désormais pratiquement nulle, l’année 2020 pourrait certes être une année de transition pour toutes les entreprises et tous les partenariats avec le pays d’outre-Manche mais la grosse incertitude concernant un Brexit s’est dissipée, et la confiance est de nouveau de mise pour les investisseurs et les entreprises.

Bien que toujours en grand désaccord avec la Chine, les Etats-Unis ont conclu récemment ce qui a été appelé l’accord commercial « Phase 1 » avec ce dernier, bien que de nombreux points n’ont pas été éclaircis par l’accord, et que de nombreux tarifs commerciaux sont restés inchangés, une réelle amélioration et une envie de trouver un compromis sont à dénoter.

Enfin, le Fond Monétaire International dénote également dans son rapport que les relations entre les Etats et leur banque centrale se sont améliorées durant l’année 2019, et devraient poursuivre dans ce sens en 2020. Les banques centrales ont globalement amorcé l’année dernière des politiques de soutien envers leur économie respective, avec des conditions financières positives, et des taux directeurs avantageux.

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Source: Yabilabi.com

Finalement un optimisme modéré pourrait donc être de mise pour cette année 2020, avec une perspective possible d’une stabilisation de la croissance mondiale et d’un redémarrage poussif mais réel de l’économie mondiale. Cependant les perspectives demeurent tout de même fortement dirigées vers la baisse avec de très nombreux dangers à éviter. 

Note :

¹  Une récession économique survient lorsque le taux de croissance du PIB diminue tout en restant positif pendant deux ou trois trimestres consécutifs (s’il n’y a qu’un trimestre de baisse puis une reprise au trimestre suivant, on ne parle pas de récession économique), une récession économique est souvent un signe avant-coureur d’une crise économique.

Sources :

https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/croissance-mondiale-l-ocde-abaisse-fortement-ses-previsions-pour-2019-et-2020_2098422.html

https://www.nouvelobs.com/economie/20180323.OBS4070/guerre-commerciale-etats-unis-chine-quelles-consequences-pour-l-economie-mondiale.html

www.rfi.fr/moyen-orient/20190925-tensions-iran-etats-unis-efforts-diplomatiques-onu-sanctions

https://www.imf.org/fr/Publications/WEO/Issues/2020/01/20/weo-update-january2020

https://fr.wikipedia.org/wiki/Récession_(économie)

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