BlackRock, Vanguard, State Street, … des géants de la finance pourtant si peu connus du grand public. Depuis que la banque centrale européenne a autorisé BlackRock à auditer les plus grandes banques du monde en 2008, le pouvoir de ces fonds de pension a grandi de façon exponentielle. Aujourd’hui, ils gèrent à eux seuls environ 14 500 milliards de dollars d’actifs faisant d’eux de véritables leaders mondiaux. Leur présence dans de nombreux secteurs tels que l’énergie, les transports ou encore la finance leur donne une vision globale sur les enjeux actuels. Ils ont plus d’une corde à leur arc : investisseurs, auditeurs et conseillers ; ceci fait que bien souvent, ils conseillent des banques et les auditent tout en étant l’actionnaire majoritaire de ces dernières. En clair, ils sont à la fois juges et partis et jouissent donc d’une position stratégique dans la prise de décision.

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Toutefois, comme l’a montrée l’histoire, une forte concentration de pouvoirs peut avoir des effets néfastes et générer de nombreux abus. En effet, tout au long de la dernière décennie, la notion de corruption a souvent été évoquée concernant ces fonds de pension. Représentant environ 5% du capital de près de la moitié des entreprises du CAC 40 et étant l’actionnaire majoritaire de 90% des entreprises du S&P 500, leur place importante pose une question d’éthique. 

C’est tout récemment que le nom de BlackRock a été évoquée concernant le débat sur la réforme des retraites. La volonté de l’État français de favoriser l’essor de la retraite par capitalisation qui viendrait en complément de la retraire par répartition est vu aux yeux du public comme une action orchestrée par BlackRock eux-mêmes. Une telle réforme profiterait à BlackRock ainsi que ses concurrents car ça leur ouvrirait un nouveau marché permettant alors leur développement. Comme la plupart des Français n’ont pas une retraite suffisante, ils seraient nombreux à être tenté par cette épargne. En revanche, la question de l’égalité face à la retraite est ici remise en cause car tout le monde n’a pas accès aux mêmes revenus et n’a donc pas la possibilité de placer autant d’argent que possible. BlackRock est accusé de tirer les ficèles en coulisse afin de servir ses propres intérêts. Ce qui soulève la question suivante : la finance a-t-elle gagné la guerre de l’influence (ou du pouvoir) ?

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Fortement taché par ces rumeurs de corruption, BlackRock souhaite redorer son image en s’investissant davantage dans le combat contre le réchauffement climatique. Cependant, une étude de Majority Action a montré que bien souvent, le fond de pension vote en faveur de décisions allant à l’encontre des résolutions liées au climat. Selon Larry Fink (patron de BlackRock), les actions se feront plus en coulisse, grâce à leur influence il souhaite guider les entreprises vers des investissements plus respectueux de l’environnement telle que les placements en finance durable*. Reste à voir si ces promesses seront exécutées…

*Voir article sur le sujet : http://skemafinance.fr/2019/11/28/la-finance-durable/

Sources :

  • Corruption : comment BlackRock a infiltré l’état français

www.youtube.com/watch?v=siV9SS5y9_w&feature=youtu.be

  • « Ces financiers qui dirigent le monde BlackRock », Les Crises, janvier 2020
https://www.les-crises.fr/ces-financiers-qui-dirigent-le-monde-blackrock-par-arte/
  • Mathilde Farine, « Les gérants d’actifs devant leurs responsabilités climatiques », Le Temps, janvier 2020
https://www.letemps.ch/economie/gerants-dactifs-devant-leurs-responsabilites-climatiques

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