// Par Oleh KUSHKA //

Tout le monde se rappelle l’annonce d’Elon Musk qui au mois d’aout 2019 disait qu’il disposait suffisamment de fonds pour mener à bien l’opération de retrait de Tesla de la bourse. Pourtant, l’entreprise ne semblait pas avoir des problèmes de financement. Mais alors, quel est l’intérêt pour une entreprise cotée en bourse de se « délister » ? 

Quitter la bourse, pour quoi faire ?

En ce qui concerne le cas de Tesla, c’était un vote des actionnaires qui auraient trouvé le retrait de la bourse comme la « meilleure voie à suivre » témoigne Elon Musk. Mais ce n’est pas le même cas pour toutes les entreprises. En effet, dès lors qu’une entreprise détient suffisamment de capital et dispose d’une réputation solide, il n’est pas forcément convenable de rester cotée. La capitalisation boursière implique de nombreuses choses et notamment des contraintes, des contraintes liées à sa réputation, au cours de son action, à la publication annuelle des comptes, à la volatilité des marchés, aux pressions permanentes des actionnaires, à la réglementation financière etc. Autrement dit, certaines entreprises se sentent limitées et privées de certaines de leurs stratégies de développement. 

De plus, la cotation implique énormément des frais : les frais de transactions, les frais lors de l’introduction en bourse et sans parler des frais de courtage. En effet, on constate une régulière progression des couts de trading en parallèle d’une forte diminution du volume des valeurs échangées depuis la crise de 2008. On peut davantage remarquer ce phénomène dans les entreprises qui sont cotées sur plusieurs marchés et qui ne trouvent plus aucune utilité à cela en raison de manque de liquidités.

Ainsi, une des raisons contraignant les entreprises à rester ou s’introduire en bourse est le positionnement très coûteux générant des gains disproportionnés aux investissements réalisés.      

Quel est alors l’avenir des entreprises « délistées » ?

La sortie de la bourse est un processus bien complexe et qui prend souvent plusieurs mois. En effet, pour pouvoir sortir de la bourse il faut qu’un acteur puisse disposer suffisamment de capital pour pouvoir racheter les actions de l’entreprise en question. En général, ce sont les fonds d’investissement qui possèdent une quantité abondante de moyens financiers qui réalisent ce genre d’opération et qui souscrivent alors cette entreprise en question à leur propriété. Mais il arrive également que ce soit l’actionnaire majoritaire qui rachète les actions manquantes mais pour cela il doit disposer le plus d’actions possible afin de se permettre une telle acquisition. Cela suppose qu’il possède plus de 80% ou plus du capital de l’entreprise. Ainsi, le conseil d’administration de l’entreprise doit faire une étude d’évaluation de retrait la bourse et si à terme ce processus est validé par les autorités financières, ce sont les actionnaires qui prendront la décision finale lors d’une assemblée des actionnaires. 

Quelle est la situation en France ?

Selon une étude publiée par le journal « Les Échos », les entreprises cotées auraient perdu 15% de leur nombre ce qui correspond à une centaine d’entreprises sur les cinq dernières années. En ce qui concerne les entreprises ayant fait leurs entrées en bourse, elles sont au nombre de cinquante sur la même période. Selon la rumeur générale, la France manque de capitaux long terme investis en actions, une réalité déterminante pour le choix des entreprises qui ne souhaitent pas prendre des risques avec un futur incertain. 

« Les entreprises manifestent de l’intérêt pour la cotation, le problème n’est pas là. Mais les investisseurs manquent d’appétit pour les valeurs moyennes », explique Anthony Attia, le PDG d’Euronext Paris. 

Ainsi, la sortie de bourse n’est pas un simple choix d’une entreprise mais tout un système d’évaluation des avantages et des inconvénients. Bien que le retrait s’avère très bénéfique pour la trésorerie et la gouvernance des entreprises, cette opération reste toutefois très risquée et rarement bien perçue par les acteurs de l’économie et de la finance. Des pertes financières et la dégradation de l’image de l’organisation ont un effet désincitatif pour les entreprises et qui au final décident d’y rester.  

Selon les sondages, les nouveaux entrepreneurs ont de moins en moins besoin de la bourse pour le développement de leurs entreprises.   

Sources :

https://www.leparisien.fr/economie/ces-entreprises-qui-tournent-le-dos-a-la-bourse-14-08-2018-7852779.php
https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/pourquoi-les-entreprises-ne-vont-plus-en-bourse-1009460
https://www.bilan.ch/finance/les_entreprises_ont_elles_moins_besoin_de_la_bourse_

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