La fintech, nouvel eldorado de l’emploi dans la finance ?

Hippolyte Leprelle
Hippolyte Leprelle

La fintech est un secteur qui prend chaque année plus de place dans la monde de la finance. En même temps que des parts de marché, celui-ci capte une part croissante des effectifs des institutions financières traditionnelles. Certains salariés expérimentés choisissent de prendre un tournant dans leur carrière en intégrant une fintech, d’autres prévoient d’y travailler durant toute leur vie active. Alors, ce choix est-il si intéressant face à une carrière dans la finance traditionnelle et comment s’épanouir dans ce nouveau monde ?

Qu’est-ce qu’une fintech et pourquoi en parle-t-on de plus en plus ?

Le mot fintech fait d’abord référence au secteur en lui-même. Celui-ci regroupe de ce fait les entreprises qui utilisent une ou plusieurs technologies afin d’innover dans la production de services financiers. On y retrouve en très grande majorité des start-ups étant donné que ce sont souvent de jeunes entreprises qui grâce à une innovation peuvent connaître une très forte croissance. Ces innovations apparaissent dans la totalité du monde de la finance allant du secteur de l’assurance aux cryptomonnaies en passant par des services bancaires numérisés.

Si ces start-ups font tant parler c’est car on les considère comme les futures GAFAMI de la finance. Les investisseurs voient ainsi en elles de futurs leaders de la finance mondiale grâce à leur utilisation du numérique et la crainte semble monter du côté des institutions traditionnelles face à leur ascension. Selon KPMG, c’est en 2015 que le monde de la fintech a connu son take-off avec pas moins de 47 milliards de dollars investis en une année. Leetchi, une fintech française a par exemple pu profiter de ces capitaux lors de l’explosion du secteur. L’entreprise créée en 2009 par Céline Lazorthes qui propose un service de cagnotte en ligne entre proches a séduit le groupe Crédit Mutuel Arkea qui l’a rachetée 50 millions d’euros en 2015. Le secteur semble donc être un nouvel eldorado de la finance pour les grands groupes, les entrepreneurs mais aussi les collaborateurs. Alors, est-il si intéressant de rejoindre une fintech pour lancer sa carrière ou tout simplement pour lui faire prendre un tournant ?

De nombreux avantages face à la finance traditionnelle

Il faut d’abord savoir qu’une start-up peut être signe d’une bonne ambiance de travail ainsi que d’un véritable apport pour une carrière mais aussi que toutes ne décollent pas et certaines meurent lorsque l’innovation n’a pas assez séduit les investisseurs. Selon next-finance.net, 76% des fintechs avaient plus de trois ans d’ancienneté en 2018 soit presqu’un quart ayant connu l’échec. On peut toutefois relativiser ce chiffre puisqu’on comptait 30% de fintechs à s’être éteintes avant trois ans un an auparavant.

Du côté des conditions de travail, celles-ci sont réellement intéressantes pour un salarié d’une fintech. On y retrouve des missions très diverses pour un seul collaborateur qui va acquérir des compétences à la fois sur le plan financier et numérique. Ce dernier va aussi profiter d’une certaine flexibilité sur les horaires et des possibilités d’ascension décuplées. Alexis Naacke, gérant de portefeuille chez YomoniOption, un robo-advisor — une plateforme qui automatise la gestion de portefeuille — rapporte à Option finance qu’il lui aurait fallu “encore au moins dix ans pour devenir directeur d’une équipe de gestion conséquente chez Barclays” alors qu’il pourrait “exercer de telles fonctions d’ici quelques années seulement.”

Avec un salaire brut médian de 38 000 € par an, la fintech n’est certainement pas là où les salaires sont les plus élevés dans le monde de la finance. Toutefois, on peut penser qu’ils tendent à fortement évoluer dans les années à venir. On constate effectivement un déclin du secteur bancaire traditionnel d’une part et un envol record du numérique de l’autre. De plus, comme toute start-up, une fintech tend à devenir une véritable entreprise parfois cotée en bourse. On retrouve par exemple 6 fintechs parmi les 40 start-ups très prometteuses composant le NEXT40, le label allégorique au CAC40 pour le numérique qui pourrait un jour devenir un véritable indice boursier.

Existe-t-il un profil type pour intégrer une fintech ?

Bien que nouvelles technologies et millenials semblent souvent aller de pair, la fintech n’est absolument pas réservée aux générations fraichement diplômées. C’est à l’inverse un secteur qui profite de synergies entre d’un côté d’anciens salariés très expérimentés ayant travaillé dans de grandes institutions et de l’autre des collaborateurs en début de carrière. Cette rencontre permet ainsi de partager les compétences plus techniques pour les anciens et d’autres plus portées sur le numériques pour les nouveaux. Elle garantie aussi un carnet d’adresse varié et de très bonne qualité. Tous les travailleurs peuvent donc trouver leur compte dans une fintech peu importe l’avancée de leur carrière. 

D’autant plus que le secteur de la fintech pèse chaque année plus lourd sur le marché des services financiers, à titre d’exemple, les banques traditionnelles ont dû licencier 22% de leurs salariés entre 2010 et 2016 selon le site banque.meilleurtaux.com.

Finalement, bien que les salaires y soient plus faibles, le monde de la fintech représente un avantage conséquent pour la qualité de vie de ceux l’ayant choisi et c’est une véritable formation de type “learning by doing” qui va continuer de séduire au cours de cette nouvelle décennie. 

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